Six jours après « les propos inacceptables » de Pablo Longoria sur l’arbitrage suite à la défaite de l’OM à Auxerre (3-0), les arbitres se disent prêts à répliquer.
Le SAFE, leur syndicat, a annoncé qu’ils exerceraient « leur droit de retrait » en cas de « nouvelle atteinte à leur sphère privée ».
Les arbitres bientôt en grève ? Via le Syndicat des arbitres du football d’élite (SAFE), ils ont fait savoir jeudi 27 février dans un communiqué (nouvelle fenêtre), qu’ils exerceront « leur droit de retrait » en cas « de nouvelle atteinte à leur sphère privée, les mettant en danger, eux ou leurs proches ». Cette menace fait suite aux « propos inacceptable prononcés » par Pablo Longoria, « le président de l’Olympique de Marseille, et au déferlement de haine qui s’en est suivi », à l’encontre de Jérémy Stinat, au sifflet lors de la défaite phocéenne à Auxerre (3-0) le week-end dernier.
Furieux contre les décisions de M. Stinat, dont il a qualifié l’arbitrage de « scandaleux » et « honteux », Pablo Longoria était entré dans une colère noire (nouvelle fenêtre). « Quelle corruption ! C’est de la corruption totale dans ce championnat de merde ! Trop corrompu ! », s’était-il emporté dans les couloirs du stade de l’Abbé-Deschamps. Avant de rétropédaler (nouvelle fenêtre) deux jours plus tard, admettant auprès de l’AFP qu’il n’y avait « pas de corruption dans le foot français ». « Ce mot, je le regrette », avait expliqué le dirigeant olympien, qui a écopé de 15 matchs de suspension (nouvelle fenêtre), soit au-delà de la fin de saison.
S’assurer (…) qu’un tel dérapage ne puisse plus jamais se reproduire
S’assurer (…) qu’un tel dérapage ne puisse plus jamais se reproduire
SAFE, syndicat des arbitres de football professionnel français
Ses propos polémiques ont suscité une levée de boucliers dans le monde du foot français. Ils ont été dénoncés par la ministre des Sports, Marie Barsacq, qui a reçu jeudi le SAFE, en présence des présidents de la Fédération et la Ligue, Philippe Diallo et Vincent Labrune. « Cette rencontre a permis aux arbitres de s’assurer qu’ils avaient le soutien des pouvoirs politiques et sportifs pour qu’un tel dérapage ne puisse plus jamais se reproduire dans les championnats français », a écrit le syndicat représentant les arbitres.
Après ce long échange (nouvelle fenêtre), le SAFE a aussi dit « s’associer à la démarche de (leur) collègue Jérémy Stinat en vue de saisir un juge d’instruction du Tribunal Judiciaire de Paris d’une plainte avec constitution de partie civile », comme « 100% des arbitres centraux, arbitres assistants et arbitres vidéo des championnats professionnels, soit au total 110 arbitres ».
L’arbitre d’Auxerre-Marseille a porté plainte après avoir retrouvé les pneus de ses véhicules crevés chez lui, dans les Landes. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Dax, qui n’évoque, « en l’état », pas de « lien avéré » avec son activité d’arbitre, les faits s’étant produits avant le match.