A un an des élections municipales, la menace d’un procès se renforce contre le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. Le parquet de Lyon a requis mercredi 26 mars le renvoi de l’édile devant le tribunal correctionnel pour « chantage, soustraction, détournement de fonds publics par un dépositaire de l’autorité publique et participation à une association de malfaiteurs », a fait savoir dans un communiqué le procureur.
L’affaire porte sur des soupçons de chantage sur Gilles Artigues, ancien premier adjoint centriste et rival potentiel du maire, filmé dans une chambre d’un hôtel parisien en janvier 2015 en train de se faire masser par un escort-boy.
Gaël Perdriau, exclu du parti Les Républicains et vilipendé par ses opposants, a toujours clamé son innocence et déclaré qu’il ne démissionnerait pas, même s’il s’est mis en retrait de ses fonctions à la métropole de Saint-Etienne. Il n’a pas encore fait savoir s’il allait briguer un nouveau mandat en 2026. Interrogé par l’Agence France-Presse sur le réquisitoire du parquet de Lyon, M. Perdria, qui assure ne pas avoir encore reçu les documents, a refusé de s’exprimer à ce stade.
Un procès également requis contre trois anciens proches du maire
Le parquet a également requis un procès contre trois anciens proches du maire soupçonnés d’avoir organisé le tournage de la « sextape ». Il requiert de renvoyer Pierre Gauttieri, ex-directeur de cabinet de Gaël Perdriau, pour les mêmes chefs que le maire, ainsi que pour « utilisation, conservation ou divulgation d’un document ou enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel ».
Il demande aussi de juger Samy Kefi-Jérôme, ancien adjoint à l’éducation, pour « atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement pour transmission de l’image d’une personne présentant un caractère sexuel ». Il requiert enfin le renvoi notamment pour « complicité de chantage » de Gilles Rossary-Lenglet, ex-compagnon de Samy Kefi-Jérôme, qui avait révélé l’affaire à Mediapart en 2022.
En revanche, le parquet requiert un non-lieu contre quatre autres personnes mises en examen par les magistrats instructeurs, des couples à la tête d’associations stéphanoises soupçonnées d’avoir servi à rémunérer les auteurs de la « sextape » en échange de prestations fictives financées par la mairie. Dans leur cas, l’enquête n’a pas permis « de caractériser (…) des charges constitutives de ces infractions », explique le procureur de Lyon, Thierry Dran.
Il revient désormais aux juges d’instruction de rendre l’ordonnance de clôture de l’information judiciaire, précise-t-il. Ces derniers avaient rendu en octobre un avis de fin d’information, mais une demande d’acte avait ensuite repoussé de plusieurs mois la fin de l’instruction, laissant planer un doute sur la possibilité d’organiser un éventuel procès avant le scrutin municipal.