- À partir du jeudi 22 janvier, une proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements de travailler le 1er mai va être débattue à l’Assemblée nationale.
- Cette PPL, déposée par des sénateurs centristes, vise à modifier le Code civil pour préciser quels commerces et établissements de certains secteurs peuvent faire travailler leurs salariés le 1er mai.
- Christophe Beaugrand et ses chroniqueurs débattent du sujet dans « Bonjour ! Avec vous ».
Le Code du travail va-t-il bientôt redéfinir le cadre du 1er mai ? Le 3 juillet 2025, le Sénat a adopté en première lecture, avec modifications, une proposition de loi permettant de déroger au caractère chômé du 1er mai dans certains établissements, tels que les boulangeries, les boucheries, les fleuristes – qui n’ont pour l’instant le droit de vendre seulement du muguet le 1er mai – ou encore les cinémas et les théâtres. Une proposition de loi sur l’ouverture de ces commerces le 1er mai est débattue à l’Assemblée nationale à partir du jeudi 22 janvier, ce qui en fait le sujet du premier débat dans « Bonjour ! Avec vous », ce mercredi 21 janvier et qui divise les téléspectateurs de l’émission. 41% des personnes ayant répondu au sondage lancé par « Bonjour ! Avec vous » se disent pour l’ouverture des commerces le 1er mai, tandis que 59% s’y opposent.
Laisser plus de libertés aux commerces symboliques
Du côté des chroniqueurs de « Bonjour ! Avec vous », les avis sont plutôt favorables à la possibilité de travailler le 1er mai. « Je suis plutôt pour, l’économie a besoin de tourner »
, partage la journaliste Bénédicte Le Chatelier, qui rappelle que la proposition de loi ne concerne de toute façon pas tous les commerces et que cela se fera sur la base du volontariat. « Pourquoi empêcher les commerçants de travailler lorsqu’ils en ont envie ? »
, se questionne Minouche, une téléspectatrice de « Bonjour ! Avec vous ». Pour Jacques Legros, cette mesure pourrait permettre de combler les difficultés économiques du pays, qui rappelle que cela reste au bon vouloir du patron et que ce dernier ne peut obliger ses employés à travailler ce jour-là. La nouvelle est plutôt bien accueillie par les boulangers, dont certains attendaient depuis longtemps ce changement. « C’est une loi dont on n’avait pas connaissance, j’ai toujours travaillé les premiers mai (…) c’est une petite bataille dans cette guerre pour faire changer la loi »
, partage aux équipes de TF1 Maxime Besnier, gérant de la pâtisserie « Ô délices de Bouaine » à Saint-Philbert-de-Bouaine en Vendée, qui avait reçu une amende de 4.500 euros après avoir ouvert le 1er mai 2025. Pour les artisans boulangers, la fermeture du 1er mai représente un manque à gagner de 70 millions d’euros de chiffre d’affaires selon Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française, comme le rappelle Cécile de Ménibus. Un combat que partagent les fleuristes, victimes de concurrence déloyale à cause des vendeurs à la sauvette de muguet le 1er mai. « Laissez-nous travailler, tout simplement »
, demande Gennyfer Huot, fleuriste, au micro de TF1.
La fin d’un acquis social ?
Si Julie Tomeï reconnaît les arguments pour laisser travailler certains commerçants, la journaliste soulève toutefois la question du droit des employés. « Je suis plus partagée, on s’assoit quand même sur un droit, une tradition… »
, commence-t-elle, avant d’évoquer l’exemple du vendeur ou de la vendeuse qui effectue souvent beaucoup d’heures, parfois en horaires décalés. « Même en étant payée double, la personne doit peut-être aussi trouver une solution pour faire garder ses enfants, et donc payer double à son tour une nounou »
, note-t-elle. La proposition de loi pour assouplir les conditions d’ouverture un 1er mai demeure de toute façon fondée sur le volontariat. « Les salariés ne seront pas forcés à travailler, le patron devra récolter par écrit l’accord du salarié pour travailler »
, rappelle Bénédicte Le Chatelier, qui précise que cela peut tout de même être difficile à mettre en place. Pour les syndicats, cette idée peut représenter une porte aux dérives. « On parle de volontariat pour travailler les jours fériés, c’est ce qui se dit officiellement. Mais en réalité : pression, punition avec des mauvais horaires, refus de congés… »
, réagit par ailleurs Karine, une téléspectatrice de « Bonjour ! Avec vous » basée à Boulogne-sur-Mer (62).









