Sans surprise, la motion de censure déposée par une partie de la gauche – La France insoumise, les écologistes et les communistes -, après le premier 49.3 de Sébastien Lecornu sur le budget n’a pas été adoptée par l’Assemblée nationale, vendredi 23 janvier. Elle n’a été votée que par 269 députés.
Dans la foulée, les députés sont en train de s’exprimer sur la motion déposée par le Rassemblement national et l’Union des droites pour la République d’Eric Ciotti, qui a elle aussi peu de chances d’aboutir. Son résultat sera connu en fin de matinée vendredi. Si elle échoue, la partie recettes du budget sera considérée comme adoptée par l’Assemblée.
Pour qu’une motion de censure soit considérée comme adoptée, il faut recueillir la majorité absolue des députés, soit 288 voix actuellement (deux sièges sur 577 sont actuellement vacants). En l’absence de vote de ces deux motions par les députés socialistes et des Républicains, elles n’avaient que peu de chances d’aboutir. Une fois le résultat de la motion de l’extrême droite connu, M. Lecornu devrait de nouveau engager la responsabilité de son gouvernement à la mi-journée vendredi, cette fois sur la partie dépenses et l’ensemble du texte.
Orateur pour les groupes de gauche qui ont signé la première motion, le président de la commission des finances, Eric Coquerel (La France insoumise) a estimé que « tout dans ce budget est une escroquerie », profitant de son discours pour faire le procès du bilan d’Emmanuel Macron qui a selon lui permis aux « ultra-riches » de « légalement s’enrichir ». « Depuis 2017, l’industrie recule (…), les faillites se succèdent. Depuis 2017, l’investissement recule, les conditions de vie reculent. Votre budget pour 2026 ne va rien arranger », a estimé M. Coquerel depuis la tribune de l’Assemblée.
Quelques minutes après, c’est au tour de la présidente du groupe du Rassemblement nationale, Marine Le Pen, de venir défendre sa motion de censure et fustiger le contenu du budget. « L’annonce de mardi dernier sonne comme la trahison du pacte solennel que vous aviez conclu, les yeux dans les yeux et quelques trémolos dans la voix, avec la représentation parlementaire et le pays », a-t-elle fustigé, estimant que M. Lecornu a « échoué politiquement à trouver une majorité pour porter un projet d’intérêt pour la France ».
M. Lecornu dénonce « l’obstruction » de certains groupes parlementaires
« Depuis l’automne, le gouvernement a fait un choix, assumé, transparent, celui de faire confiance aux débats parlementaires (….) Ce n’était pas une tactique, c’était une conviction », a répondu à la fin des discours des groupes parlementaires Sébastien Lecornu, rappelant l’adoption à l’automne du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sans avoir recours au 49.3. Mais le premier ministre a regretté que « le débat s’est figé à partir du moment où la perspective d’un engagement de la responsabilité du gouvernement a été de nouveau évoquée par certains dans la presse. ».
« Un phénomène bien connu est réapparu, a-t-il poursuivi. Chacun a commencé à regarder ailleurs. Certains ont poursuivi leur obstruction, non pas pour convaincre, mais pour empêcher une fois de plus toute issue. Organiser le blocage pour mieux le dénoncer ensuite. D’autres ont déserté les espaces de travail, comme si le compromis était devenu trop coûteux, trop exigeant, trop fatigant. »
Sur le fond du texte, Sébastien Lecornu a rappelé que la version retenue par l’exécutif « n’est pas la version initiale du gouvernement », assumant toutefois un texte dont l’objectif de déficit a été placé à 5 % par rapport au PIB. « C’est un texte issu du compromis, un texte travaillé et modifié, ajusté parfois au prix de renoncements pour le gouvernement lui-même, pour tenir compte des discussions et des équilibres recherchés dans cet hémicycle », a-t-il argué, ajoutant : « La gauche dira que c’est un budget de droite. La droite dira que c’est un budget de gauche, antienne bien connue. Et pendant ce temps, plus personne ou presque ne veut l’endosser. »











