L’Himalaya a eu la couleur de l’automne jusqu’à ces dernières heures, avec de vastes étendues dénudées, dévoilant des squelettes rocheux ou des tapis d’herbe brune. L’Uttarakhand, l’un des Etats indiens de la majestueuse chaîne de montagnes, n’a vu aucun flocon avant le vendredi 23 janvier. L’Himachal Pradesh, voisin, enregistre le sixième plus faible niveau de précipitations de son histoire tandis que le Cachemire, paradis des skieurs, subit un déficit de 40 %, quand le Ladakh voit son enneigement réduit de 70 %.
La gravité de cet hiver aride est inédite depuis le début des observations il y a quatre décennies, alors que le mois de décembre marque traditionnellement le début des chutes de neige dans la région. Les sommets ont brièvement blanchi avec deux mois de retard ces dernières heures mais ces flocons ne compenseront pas le déficit, d’autant que le retour à un temps sec est attendu.
Toute la chaîne de l’Hindou Kouch-Himalaya, qui couvre huit pays (Inde, Chine, Népal, Bhoutan, Pakistan, Afghanistan, Birmanie, Bangladesh), souffre d’un manque alarmant de neige, vitale pour les zones de haute altitude comme le Zanskar et le Ladakh, soumis à un régime de pluie très frugal. Ces territoires survivent grâce aux glaciers et à la neige accumulée pendant l’hiver, des réservoirs naturels qui ruissellent progressivement au printemps et en été, alimentant les villages, les réseaux fluviaux et les champs. Tout un écosystème est menacé, notamment les plantes médicinales rares, les vergers et le pastoralisme ; la région compte parmi les derniers bergers nomades de yacks et de chèvres.
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