- Quatre personnes condamnées pour l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 sont jugées en appel à partir de lundi.
- La famille de l’enseignant espère une « confirmation du jugement sur le principe, au niveau des qualifications et des peines ».
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Le procès de l’assassinat de Samuel Paty
Un nouveau procès, cette fois-ci en appel. Quatre personnes, condamnées en première instance à des peines de 13 à 16 ans de réclusion criminelle, seront rejugées à partir de ce lundi 26 janvier à Paris pour l’assassinat du professeur Samuel Paty. L’assassin Abdoullakh Anzorov, un islamiste tchétchène, avait été abattu par la police juste après son crime, commis le 16 octobre 2020 aux abords du collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), où Samuel Paty enseignait l’histoire-géographie.
Un procès en appel jusqu’au 27 février
À l’issue du premier procès, en novembre et décembre 2024, les sept hommes et la femme qui comparaissaient avaient tous été reconnus coupables et condamnés à des peines de un à seize ans de prison. Quatre ont fait appel : deux amis d’Anzorov, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, condamnés à 16 ans de réclusion pour complicité d’assassinat ; et Brahim Chnina et le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui qui avaient écopé respectivement de 13 et 15 ans de réclusion pour association de malfaiteurs terroriste. Ils seront rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, jusqu’au 27 février.
Dans leur jugement, les magistrats de la cour d’assises spéciale de Paris ont admis que Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui ne connaissaient pas le meurtrier. Mais, selon les juges, « les deux accusés ont, en connaissance de cause, pris le risque, malgré le danger et les menaces visant Samuel Paty, qu’une atteinte volontaire à son intégrité physique soit portée par un tiers, violent et radicalisé qui devenait leur bras armé »
. Et ils « ont contribué à créer un état d’esprit propre à susciter le crime »
, « en attisant la colère et la haine d’un esprit radicalisé »
.
À ce nouveau procès, les conseils de Brahim Chnina, maîtres Franck Berton et Louise Tort, attendent que le rôle de leur client « soit ramené à sa juste place »
: « Il n’a jamais participé à la moindre entreprise terroriste »
. « On ne comprend pas pourquoi la juridiction de première instance n’a pas tiré les conséquences de la réalité factuelle de ce dossier, à savoir qu’Abdelhakim Sefrioui ne connaissait pas Anzorov, et que rien ne le relie, directement ou indirectement, au crime de ce dernier »
, explique aussi Me Vincent Brengarth, l’avocat de celui-ci.
Du côté des deux condamnés pour complicité d’assassinat terroriste, les magistrats de première instance ont retenu qu’ils étaient « parfaitement »
conscients de la dangerosité de leur ami, et qu’ils l’avaient pourtant aidé, dans sa recherche d’armes notamment.
La famille espère une « confirmation du jugement sur le principe »
La famille de l’enseignant espère une « confirmation du jugement sur le principe, au niveau des qualifications et des peines »
, et « que les faits soient reconnus et que chaque étape de l’engrenage soit jugée »
, a déclaré Me Virginie Le Roy, avocate des parents et d’une sœur de Samuel Paty.









