Un pays en déclin démographique, qui perd près d’un demi-million de personnes en âge de travailler chaque année, devrait se fixer comme objectif prioritaire le soutien aux revenus du travail et l’augmentation de la productivité. Ces deux objectifs sont non seulement compatibles, mais peuvent se renforcer mutuellement.
Soutenir les revenus du travail, plutôt que d’autres sources de revenus, permet d’encourager la participation au marché du travail et donc de contenir la baisse du nombre de personnes générant un revenu. Accroître la productivité permet, quant à elle, de limiter les effets sur le revenu national de la diminution de la population active. Il s’agit alors de jouer sur la qualité plutôt que sur la quantité du travail. Si la productivité augmente, le revenu national peut croître, même avec moins de travailleurs.
Or les quatre lois de finances adoptées jusqu’à présent par le gouvernement Meloni semblent avoir emprunté une voie très différente. Ce sont des lois de finances du « ne rien faire pour ne pas se tromper », qui ignorent complètement l’urgence démographique. Certes, mieux vaut parfois ne rien faire que mal faire, et la prudence a permis de clôturer par anticipation la procédure pour déficit excessif et de réduire la charge des intérêts de la dette publique.
Mais un pays redevenu la lanterne rouge de l’Europe en matière de croissance économique n’a pas besoin d’un majordome dont l’unique objectif serait de prolonger le plus longtemps possible la survie de son gouvernement. Lorsqu’il manque une vision claire de ce qu’il faudrait faire pour le pays, on adopte puis on abroge les mêmes mesures d’une loi de finances à l’autre, voire au sein d’un même texte budgétaire.
L’épisode des règles sur l’or
L’exemple des retraites est à cet égard emblématique. La loi de finances pour 2025 permettait de cumuler pensions complémentaires et pensions publiques afin de remplir les conditions d’un départ anticipé à la retraite. Celle de 2026 a supprimé cette possibilité. Dans la loi de finances actuelle, on retarde l’ajustement de l’âge légal à la hausse de l’espérance de vie, tout en rendant plus difficile l’accès à la retraite à l’avenir. En somme, tout et son contraire. Giorgia Meloni manie avec virtuosité la politique économique de l’inaction en Italie.
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