- Face aux cambriolages à répétition, les commerçants de Toulouse en ont ras-le-bol.
- Il y en a eu une vingtaine en deux mois, de jour comme de nuit.
- Et souvent, il s’agit de mineurs, filmés par des caméras de surveillance.
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Le 13H
La scène se déroule dans le restaurant « Foca Foca » en plein centre-ville de Toulouse. En 53 secondes, un voleur s’empare du fond de caisse, filme la scène et prend la fuite. L’image a été enregistrée par la caméra de surveillance, il y a deux semaines, en pleine journée. « On entend bien son pote derrière qui lui dit de s’activer. On voit qu’ils sont plusieurs. Et on a des amis qui les ont croisés dans le centre-ville, après ils étaient trois »
, raconte Mehdi Morsli, le gérant, dans le reportage ci-dessus. Un groupe de mineurs qui opèrent toujours de la même manière. « En gros ils ont dégondé la porte. Ils ne sont pas cagoulés, ils n’ont pas de gants, c’est des gamins, ils font ça comme des gosses »,
assure-t-il.
Ils ont arraché la porte, ils sont tombés face au placo, et donc du coup ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient rien faire
Ils ont arraché la porte, ils sont tombés face au placo, et donc du coup ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient rien faire
Nesrine El Amri, gérante du salon de thé « Blossom »
À quelques rues de là, même tentative de vol début décembre dans le salon de thé « Blossom », avec le même mode opératoire. La bande tente d’entrer par le hall du bâtiment à l’arrière de la boutique, plus discret que l’entrée principale. Mais cette fois-ci, elle essuie un échec. « Ils ont tenté de rentrer et on voit les traces d’effraction. Ils ont arraché la porte, ils sont tombés face au placo, et donc du coup ils se sont rendu compte qu’ils ne pouvaient rien faire »,
explique Nesrine El Amri, la gérante, déjà victime une première fois d’un vol en juillet dernier. « C’est décourageant et c’est épuisant moralement. Parce qu’en fait on se lève le matin, on fait tout le nécessaire pour gagner notre vie, et on sait pas quand on ouvre le magasin si on va se faire cambrioler. Parce que toute la rue s’est fait cambrioler, et c’est un ras-le-bol »,
dit-elle excédée.
Depuis début décembre, une vingtaine de vols et tentatives de vols par effraction ont été recensés par la police à Toulouse. Contre 11 l’an dernier, sur la même période. « Par moment on a une bande, on va venir, on va interpeller une fois, deux fois, trois fois. Souvent ils sont mineurs, ça veut dire que la réponse pénale peut tarder à venir, et généralement en première sanction la bande arrête, et on retrouve le calme. Et puis malheureusement on va retrouver une autre bande »
, indique Emilion Esnault, adjoint au maire de Toulouse.
Car la sanction n’est pas toujours évidente pour ces délinquants, trop jeunes pour être condamnés. Certains sont placés en foyer, d’autres relâchés, avant de recommencer, jusqu’à parfois aller encore plus loin. Le 31 décembre dernier, un groupe est entré dans le salon de thé Blondy Café par le mur. Difficile pour autant de savoir s’il s’agit des mêmes bandes de mineurs. « Ils sont rentrés, je pense avec des haches, ils ont fait le trou qui donne directement dans la salle principale »,
montre devant la caméra de TF1 Manon Colin, la gérante.
En attendant la prise en charge des réparations par les assurances, Manon a installé une palette, et des plaques en bois devant le trou. « Le plus embêtant dans tout ça, c’est les travaux qu’il va y avoir, le temps perdu, j’ai dû fermer une journée de plus »
, se désole-t-elle. Depuis début septembre, 17 mis en cause ont été interpellés pour vol avec effraction dans les commerces du centre-ville, âgés pour la plupart entre 11 et 17 ans.










