- Marius Borg Høiby, 29 ans, comparaît depuis ce mardi 3 février à Oslo pour plusieurs faits de violences dont quatre viols.
- L’aîné de la princesse héritière Mette-Marit, né d’une précédente relation, parle de « relations sexuelles parfaitement normales et consenties ».
- Ses avocats dénoncent un « déferlement médiatique négatif » alors que l’affaire ébranle le pays et sa famille royale.
La presse locale suit l’affaire en temps réel, rapportant ce qui se joue minute par minute dans la salle d’audience à Oslo. C’est là que Marius Borg Høiby est jugé depuis ce mardi 3 février. Debout, le jeune homme de 29 ans a écouté en silence la lecture de l’acte d’accusation qui contient 38 chefs pouvant le conduire à passer seize ans derrière les barreaux. Le fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit est notamment poursuivi pour quatre viols entre 2018 et 2024, des faits pour lesquels il a plaidé non coupable à l’ouverture du procès.
L’AFP sur place qualifie son visage d’« inexpressif »
derrière ses lunettes épaisses. Tête baissée, Marius Borg Høiby a agité nerveusement ses mains et ses jambes en écoutant le parquet détailler les circonstances des faits qui lui sont reprochés. Les viols ont eu lieu après des rapports consentis, souvent après des soirées arrosées alors que les victimes n’étaient pas en état de se défendre, selon l’accusation. L’un d’eux, le seul avec pénétration sexuelle, aurait été commis alors qu’il était en vacances avec le prince Haakon dans les îles Lofoten en 2023. Le palais n’a pas fait de commentaires sur ce point, selon le quotidien VG
(nouvelle fenêtre).
Une plaignante en larmes à la barre
« Si Marius se dit non coupable (…), c’est tout simplement parce qu’il a perçu l’ensemble des faits comme des relations sexuelles parfaitement normales et consenties »
, ont déclaré ses avocats. Une première plaignante a témoigné en pleurs au sujet d’une after party en 2018 dans la maison dont Marius Borg Høiby dispose sur le domaine de Skaugum où réside le couple princier, en dehors d’Oslo. Elle a raconté avoir interrompu une brève relation sexuelle avec lui. Elle se souvient s’être endormie ensuite mais la police a retrouvé une vidéo montrant ce qu’elle présente comme une agression sexuelle.
Marius Borg Høiby avait été arrêté le 4 août 2024, soupçonné d’avoir agressé sa compagne la nuit précédente. Quelques jours plus tard, il dira avoir agi « sous l’influence de l’alcool et de la cocaïne après une dispute »
, et précisera souffrir de « troubles mentaux »
et lutter « depuis longtemps contre la dépendance »
à la drogue. D’anciennes petites amies avaient pris la parole et assuré qu’elles avaient elles aussi été violentées, physiquement et psychologiquement. L’enquête, notamment l’exploitation de téléphones, a permis d’exhumer d’autres délits et crimes présumés, dont les viols présumés qu’il a filmés ou photographiés. L’identité des victimes présumées est protégée, à l’exception de Nora Haukland, mannequin et influenceuse, qui s’est exprimée publiquement sur des violences qu’elle dit avoir subies.
L’accusé ne devait être ni traité plus sévèrement ni avec plus d’indulgence en raison de ses liens familiaux
L’accusé ne devait être ni traité plus sévèrement ni avec plus d’indulgence en raison de ses liens familiaux
Le procureur Sturla Henriksbø
S’il nie tout viol, Marius Borg Høiby a reconnu des faits, plus mineurs, de violences, des menaces, une violation à la législation sur les stupéfiants et d’autres infractions routières. En 2020, il a notamment transporté, apparemment sans contrepartie, 3,5 kilos de marijuana. Il a été arrêté le week-end dernier sur la base de nouveaux soupçons, dont des menaces avec un couteau, et placé en détention provisoire pour quatre semaines en raison du risque de récidive.
Sa défense a critiqué le « déferlement médiatique négatif »
et les commentaires qui contribuent, selon elle, à condamner son client par avance. « Le jugement doit être rendu dans cette salle d’audience, nulle part ailleurs »
, a insisté Me Ellen Holager Andenæs. « Cela m’est en réalité impossible de décrire l’impact que cela a eu sur la vie de Marius et sur sa santé mentale au cours des dix-huit derniers mois »
, a-t-elle ajouté. Le procureur Sturla Henriksbø a lui rappelé que l’accusé « ne devait être ni traité plus sévèrement ni avec plus d’indulgence en raison de ses liens familiaux »
. Le verdict est attendu plusieurs semaines après la fin du procès, prévue le 19 mars.
La famille royale norvégienne tremble face à ce scandale, le pire de son histoire. En première ligne ? Mette-Marit, la mère de l’accusé, qui traverse une période très compliquée. Déjà fragilisée par une maladie pulmonaire incurable, l’épouse du prince héritier Haakon a aussi vu son nom apparaître dans les dossiers Epstein révélés par le ministère américain de la Justice. « Mette-Marit pourra-t-elle être reine après ça ? »
, s’interroge dans une tribune Kjetil Alstadheim, rédacteur en chef politique du journal de référence Aftenposten
.
Selon un sondage publié mardi par la chaîne TV2, plus de 70% des Norvégiens estiment que la position de la monarchie s’est affaiblie ces dernières années, également marquées par d’autres controverses. Incidemment, le Parlement norvégien a voté le même jour, à une écrasante majorité, en faveur du maintien de la monarchie en Norvège.








