L’arlésienne de Bruxelles s’appelle Reach. Annoncée il y a six ans et sans cesse remise à plus tard, la révision du règlement européen sur « l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques » ne souffre pas seulement de reports décidés par la Commission européenne : elle se délite aussi au fil des ans, sous les assauts des lobbys industriels. C’est ce que révèle un rapport publié, mercredi 11 février, par Corporate Europe Observatory (CEO), une organisation bruxelloise spécialisée dans la surveillance desdits lobbys.
Initialement adopté à la fin de 2006, ce règlement phare de l’Union européenne (UE) permet notamment de limiter les usages des substances dangereuses ou de retirer celles-ci du marché. Sa révision, annoncée en octobre 2020 dans le cadre du pacte vert pour l’Europe, promettait le « zéro pollution chimique dans l’environnement ». Elle n’a jamais été formellement lancée.
Les acteurs de l’industrie chimique, après l’avoir mollement soutenue, combattent désormais pied à pied cette révision, devenue un feuilleton de lobbying. Des ambitions revues à la baisse participeraient ainsi de l’entreprise de « simplification » intensive mise en œuvre par Ursula von der Leyen au début de son deuxième mandat à la présidence de la Commission, en juillet 2024.
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