- Six suspects parmi lesquels un mineur ont été mis en examen ce mercredi à Paris.
- Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans le rapt et la séquestration d’une magistrate grenobloise.
- Cet enlèvement a eu lieu sur fond de multiplication des affaires de demandes de rançons en cryptomonnaies.
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Les tentatives d’enlèvement se multiplient dans le monde des cryptomonnaies
Un rapt et une séquestration pendant une trentaine d’heures pour une demande de rançon en cryptomonnaies. Une magistrate grenobloise de 35 ans et sa mère âgée de 67 ans ont été séquestrées pendant une trentaine d’heures. Elles ont été retrouvées blessées vendredi matin dans un garage de la Drôme. Six suspects soupçonnés dans cette affaire, parmi lesquels un mineur, ont été mis en examen ce mercredi 11 février à Paris. Au moins quatre d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que deux autres attendaient encore ce mercredi soir de comparaître devant un juge des libertés et de la détention.
Cinq jeunes hommes et une jeune femme ont été interpellés le week-end dernier. Deux suspects ont été arrêtés en Savoie samedi soir alors qu’ils tentaient de prendre un bus pour l’Espagne, selon une source proche du dossier.
Sauvées par un voisin « alerté par le bruit »
La magistrate, qui exerce à Grenoble, avait été enlevée jeudi vers 02h50 à son domicile de Saint-Martin-le-Vinoux (Isère), près de Grenoble, avec sa mère. Les deux victimes « ont pu profiter de l’absence de leurs ravisseurs pour se détacher »
et appeler de l’aide en tapant contre la porte du garage où elles étaient enfermées, à Bourg-lès-Valence, avait détaillé vendredi le procureur de Lyon, Thierry Dran, qui dirigeait alors l’enquête. « Alerté par le bruit, un voisin est alors intervenu. Il a pu ouvrir la porte et ainsi permettre à nos deux victimes de s’échapper »,
avait-il ajouté.
Le compagnon de la magistrate, « associé dans une start-up qui a des activités de cryptomonnaies »
, était absent lors du rapt. Il a prévenu la police vers 09h30 jeudi après avoir reçu un message des ravisseurs, « menaçant de mutiler les victimes si un versement de rançon en cryptomonnaies n’était pas rapidement effectué »
, selon Thierry Dran, qui a refusé de préciser le montant demandé. Aucune rançon n’a été versée, avait-il ajouté.
Le Pnaco se saisit de cette affaire
Du fait de la « particulière gravité »
des faits, le parquet national anticriminalitée organisée (Pnaco) s’est saisi ce mercredi de l’affaire. « À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien avec la profession de l’une des victimes dans les motivations de la commission des faits »
, a précisé la cheffe du Pnaco Vanessa Perrée dans un communiqué. Précisément, les six suspects ont été mis en examen notamment pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d’otage pour obtenir l’exécution d’un ordre ou d’une condition en bande organisée »
et pour association de malfaiteurs criminelle aggravée par la commission en bande organisée.
« Ces investigations, qui vont se poursuivre, auront notamment pour but d’établir d’éventuels liens avec les précédentes procédures relatives à des extorsions de crypto-actifs dont s’est récemment saisi le Pnaco »
, a-t-elle poursuivi, listant notamment « les faits commis à Dompierre-sur-Mer, La Chapelle-Saint-Aubin, Saint-Léger-sous-Cholet, Sallanches, Puteaux, Verneuil et Challes-les-Eaux entre le 4 novembre 2025 et le 14 janvier 2026 ».
Les enlèvements, parfois spectaculaires, contre demande de rançon ou vols de cryptomonnaies se sont multipliés depuis début 2025 dans toute la France, parallèlement à la popularité de ces actifs.










