- Le syndrome de l’imposteur, identifié par deux psychologues américaines, est le sentiment de ne pas mériter sa place.
- Les personnes concernées doutent de leurs compétences, se dévalorisent et s’auto-dénigrent en permanence.
- Certaines astuces permettent de travailler sur ce complexe afin de le surmonter.
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Bien dans son corps, bien dans sa tête
Impression de ne pas mériter sa place, dévalorisation, manque de confiance en soi, sentiment d’être une arnaque. Voici, en substance, ce que ressentent les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur. Ce n’est ni un trouble mental, ni une maladie, mais un complexe profond, surtout ressenti par les femmes.
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?
À l’origine de ce phénomène, deux psychologues : Pauline Rose Clance et Susanne Imes. En 1978, les deux chercheuses américaines ont étudié le parcours de 150 femmes diplômées et exerçant des métiers prestigieux. Malgré leurs compétences et leurs ambitions, elles estimaient ne pas mériter leur place. Elles décrivent alors le « phénomène de l’imposteur ». C’est le docteur Valérie Jung qui, en 1986, parle pour la première fois de « syndrome de l’imposteur ».
Pour Pauline Freiermuth, psychopraticienne, interrogée par France Inter
, ce complexe se traduit chez les personnes qui en souffrent par une tendance à « dévaloriser leurs réalisations et à toujours s’en remettre au regard des autres pour attendre un jugement ou une sanction
« . Les personnes ont du mal à s’autoévaluer, se jugent sévèrement, se dévalorisent, ont du mal à faire face à de nouvelles tâches et développent beaucoup d’anxiété. Elles doutent d’elles-mêmes, craignent d’être exposées, minimisent leurs réussites et ont tendance à éviter les défis. Face à ce syndrome, elles peuvent réagir de deux manières : la procrastination ou le perfectionnisme. Résultat : elles risquent le burn-out.
Comment surmonter le syndrome de l’imposteur ?
Première astuce : travailler avec vos talents. « Ça peut être intéressant de revenir à ce qu’on sait faire et pas toujours d’essayer de prouver aux autres qu’on est capable ou pas de le faire
« , explique sur son site la psychologue Aurore Bévalot. « Dans le syndrome de l’imposteur, on va essayer de prouver aux autres qu’on est capable de faire quelque chose, mais en fait, ce n’est pas aux autres qu’on le prouve
« . En effet, lorsque l’on souffre du syndrome de l’imposteur, on cherche l’approbation des autres alors que c’est nous-même que l’on cherche à persuader.
Si le talent est quelque chose de naturel, les compétences ont été acquises et c’est tout aussi important de travailler dessus pour la psychologue. Elle conseille aux personnes souffrant du syndrome de l’imposteur d’interroger leurs proches et leur entourage sur leurs compétences et d’en dresser une liste. Elle propose également de demander du feedback. « Les retours qu’on vous donne, positifs ou négatifs, sont toujours bons à prendre et ça vous permettra de vous améliorer
« . Tenir un carnet de victoires peut être aussi intéressant pour se rendre compte de ses propres réalisations. « Ayez un endroit où vous pouvez noter tout ce que vous avez réussi à accomplir et surtout ce que ça vous a appris de vous
« . Et, en cas de doute, il est toujours possible de relire ce carnet et de se remettre dans l’état d’esprit. Enfin, dernier point pour travailler sur le syndrome de l’imposteur : repérer les croyances limitantes. « Plus, vous aurez conscience de ces petites voix qui viennent saper votre confiance en vous et plus, vous saurez que faire pour les mettre KO
« , conclut Aurore Bévalot.











