Une mère de 50 ans, arrêtée jeudi, après la découverte de deux bébés dans son congélateur à Aillevillers-et-Lyaumont en Haute-Saône, a été mise en examen jeudi soir pour meurtres sur mineurs et placée en détention provisoire, a annoncé vendredi 13 février à l’Agence France-Presse (AFP) le procureur de Besançon, Cédric Logelin. Aucune autre personne n’a été mise en examen, a-t-il ajouté.
Arrêtée à Boulogne-Billancourt, près de Paris, elle avait été initialement placée en garde à vue pour assassinat, qui suppose un acte prémédité, mais ce chef n’a finalement pas été retenu par le procureur. Elle a reconnu en garde à vue avoir donné naissance aux deux bébés retrouvés mardi chez elle, dans un congélateur, dans cette commune de 1 500 habitants à la limite des Vosges. Devant une cour d’assises, la peine encourue pour meurtre sur mineur de moins de 15 ans est la réclusion criminelle à perpétuité.
La quinquagénaire, mère de neuf autres enfants de trois pères différents, a expliqué « avoir accouché au domicile » puis avoir « enveloppé les nouveau-nés aussitôt après l’accouchement » avant de les déposer « dans ce congélateur situé dans la buanderie du domicile », qu’elle était la seule à utiliser, avait précisé jeudi le procureur lors d’une conférence de presse.
Elle a dit avoir « caché » ces grossesses « à son entourage familial et amical », et avoir « inventé des explications lorsqu’elle était interrogée sur ses prises de poids », en mettant « des vêtements amples pour les dissimuler ». « Lors de ses auditions, elle pleurait très régulièrement et se disait désolée pour ses enfants et sa famille », a ajouté le procureur.
Dates des naissances à préciser
Elle n’a pas pu préciser les dates de naissance des deux bébés congelés, qu’elle a situées entre 2011, date de la naissance de son enfant précédent, et 2018, quand elle avait repris une activité professionnelle.
Selon Le Parisien, elle a affirmé devant le juge des libertés avoir fait un abandon de poste à son travail et avoir quitté le domicile en décembre parce qu’elle voulait se séparer de son compagnon. « J’ai pris la décision comme ça. Il n’y avait pas d’arrière-pensée, c’était le moment de partir », a-t-elle déclaré.
La quinquagénaire est partie au Portugal où elle avait rencontré un homme, et c’est pour « clarifier sa situation » administrative qu’elle est ensuite revenue en France, où elle a été arrêtée, a-t-elle encore dit au juge, selon Le Parisien. Les corps des nourrissons doivent être autopsiés vendredi, afin de déterminer les circonstances exactes des décès, et peut-être dater les faits de manière approximative.
Le compagnon de la mère, placé dans un premier temps en garde à vue, a affirmé qu’il « ignorait totalement ces grossesses et qu’il tombait des nues », a déclaré le procureur. Aucune charge n’a été retenue contre lui.
La mère n’avait pas d’antécédents judiciaires. La famille était « honorablement connue » et n’avait « pas de difficultés » apparentes, avait précisé jeudi une autre magistrate du parquet, Christine de Curraize.
Selon le maire du village, Jean-Claude Tramesel, la famille habitait la commune depuis une vingtaine d’années mais n’y travaillait pas. « Ce sont des gens qui ne font pas parler d’eux. »











