Des caricatures brocardant Narendra Modi avec des dents de vampire ou enchaîné face à un Donald Trump hilare, les pancartes hostiles au gouvernement ont fleuri, jeudi 12 février, dans les campagnes indiennes. Les paysans sont furieux et se sentent « trahis » par l’accord commercial annoncé le 2 février entre l’Inde et les Etats-Unis. « L’Inde n’est pas à vendre ! », ont clamé les manifestants.
La colère a explosé après la publication, le 9 février, d’une note de la Maison Blanche donnant des détails sur les négociations. Le document montre que des brèches entières ont été ouvertes dans la protection du marché intérieur indien, ce qui risque d’affecter l’agriculture indienne en crise depuis des années, affaiblie par un modèle intensif à bout de souffle, par l’insuffisance d’infrastructures et par le réchauffement climatique. Ce secteur, qui ne représente que 16 % du produit intérieur brut, mais fait vivre près de 50 % de la population, est caractérisé par de petites parcelles, de faibles revenus, un endettement élevé et une irrigation insuffisante.
L’union ASHA-Kisan Swaraj, un réseau d’agriculteurs, avait appelé à une grève nationale, jeudi : ils dénoncent une « capitulation totale » des négociateurs indiens face aux Américains et demandent aux autorités de ne pas parapher l’accord-cadre – la signature est prévue en mars. Les syndicats estiment que l’agriculture, l’industrie laitière et les moyens de subsistance sont menacés par cet accord « profondément inégalitaire », qui va faire baisser les prix intérieurs et accroître la dépendance vis-à-vis des importations.
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