L’économie du football professionnel français traverse une crise profonde. La mise en échec de la chaîne Ligue 1+, la plateforme de LFP Media [la filiale commerciale de la Ligue de football professionnel (LFP)], pour l’obtention auprès de la Fédération internationale de football (FIFA) des droits de diffusion payante des matchs de la prochaine Coupe du monde – qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026, organisée conjointement par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique – en constitue une manifestation supplémentaire. Les clubs de Ligue 1, à l’unanimité moins une voix, s’étaient prononcés en faveur de l’acquisition de ces droits, qui devaient permettre à leur chaîne de renforcer son offre de contenus.
Le choix final de la FIFA en faveur de BeIN Sports, dans des conditions peu claires, et alors qu’elle avait déjà trouvé un accord préalable avec Ligue 1+, a entraîné la démission de Nicolas de Tavernost de son poste de directeur général de LFP Media. Elle a fait une nouvelle fois apparaître les fractures au sein du conseil d’administration de la Ligue, et l’absence de réponse efficace à la crise économique dans laquelle notre football est plongé.
Cause principale de cette crise, la chute des droits audiovisuels – principale ressource des clubs – n’est pas accidentelle : elle résulte pour une large part de choix stratégiques contestables et d’erreurs de gouvernance imputables à nos instances, notamment la Ligue de football professionnel.
Responsabilité collective
Depuis plusieurs années, l’épisode Mediapro, la succession de négociations conduites dans l’urgence et l’absence d’une stratégie commerciale cohérente ont progressivement affaibli la valeur du « produit » Ligue 1. Pendant ce temps, les autres grands championnats européens poursuivaient leur expansion et consolidaient leurs revenus domestiques. Le différentiel n’a cessé de se creuser.
Nous n’éludons pas la responsabilité collective des clubs professionnels – et donc la nôtre – dans ces échecs. C’est cette même responsabilité qui nous conduit aujourd’hui à prendre la parole et à proposer d’agir pour éviter une mise en danger durable de nos clubs, un déclassement de notre championnat et, au-delà, un affaiblissement de l’ensemble du football français dans toutes ses composantes.
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