Au regard de l’histoire comme du présent, les socialistes ont le devoir de poursuivre l’œuvre de décolonisation engagée en Nouvelle-Calédonie. Les anciens premiers ministres Michel Rocard et Lionel Jospin ont su créer les conditions d’un avenir stable, pacifié et prospère, dans des relations confiantes avec la France.
Le projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, soumis au Parlement à partir du 18 février, est en l’état lourd de menaces et de dangers, alors que le territoire traverse une crise économique et sociale sans précédent. Le projet gouvernemental prévoit de constitutionnaliser l’accord de Bougival de juillet 2025, complété par l’accord dit Elysée-Oudinot en janvier, sans aucune visibilité – contrairement aux engagements pris – sur le contenu du projet de loi organique les traduisant. Autrement dit, le constituant est invité à se prononcer à l’aveugle.
Il implique aussi un quatrième report des élections provinciales, contournant une décision du Conseil constitutionnel de septembre 2025. Le Parlement avait pourtant enjoint en novembre 2025, lors du troisième report, à rechercher un accord consensuel sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, en ramenant le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) autour de la table des discussions. La tentative hasardeuse et avortée d’une consultation anticipée et les conditions dans lesquelles ont été conduites les discussions de janvier 2026 sont allées à rebours de cette exigence et ont refermé la porte que le Parlement avait ouverte. Au surplus, ce report était pour nous le dernier : il n’est pas envisageable, en démocratie, de différer indéfiniment des élections. Il est donc temps de rappeler quelques fondamentaux.
Il n’y a tout d’abord pas de solution durable, assurant la paix, la stabilité et le développement en Nouvelle-Calédonie, sans un accord consensuel et inclusif. Malgré la politique actuelle de la chaise vide de l’Union calédonienne (UC)-FLNKS, il n’est pas possible de les laisser en dehors de cet accord.
Il vous reste 69.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.










