Le sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, a été condamné à trois mois de prison avec sursis, accompagnés d’un an d’inéligibilité ainsi que d’une amende de 5 000 euros pour des faits de favoritisme, a annoncé, mardi 17 février, le tribunal judiciaire de Marseille.
« En sa qualité d’ordonnateur, M. Ravier portait la responsabilité ultime du respect des règles », a dit la présidente, déclarant coupable M. Ravier pour des faits de favoritisme datant de septembre 2016 à juin 2017, alors qu’il occupait le siège de maire du 7e secteur de Marseille (13e et 14e arrondissements). Elle a toutefois estimé qu’« aucun enrichissement personnel n’a été démontré, mais le favoritisme se caractérise par la seule rupture des règles de mise en concurrence ».
Le sénateur des Bouches-du-Rhône, ex-RN et ex-Reconquête, est accusé d’avoir attribué en partage à deux sociétés un marché visant à la rénovation du site internet de la mairie de secteur mais qui, selon le parquet, bénéficiait en fait à la même personne. Cela aurait permis, d’après l’accusation, de se situer sous la barre des 25 000 euros, montant à partir duquel un marché public doit impérativement donner lieu à une mise en concurrence.
Sa nièce également condamnée
Sandrine d’Angio, la nièce de M. Ravier, qui avait succédé à son oncle au poste de maire du 7e secteur de Marseille en 2017, a, elle, été condamnée à 5 000 euros d’amende, dont deux avec sursis, et un an d’inéligibilité. La présidente a justifié cette différence de sanction avec l’oncle de Mme d’Angio, car elle « ne se trouvait pas à l’origine du dispositif initial, mais s’est inscrite dans la continuité de pratiques déjà engagées ».
L’avocat du sénateur, Pierre-Vincent Lambert, a réclamé la relaxe, contestant l’infraction « dans le rationnel et l’intentionnel ». Le procureur avait requis six mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour les deux accusés.
Il s’agit d’une nouvelle condamnation qui s’ajoute à celle de la semaine passée où M. Ravier avait écopé de six mois de prison avec sursis et une inéligibilité d’un an dans un autre dossier de prise illégale d’intérêts, pour avoir « œuvré illégalement » au recrutement de son fils à la mairie de secteur.
Deux ans après sa défaite aux dernières municipales, où il était arrivé en troisième position avec près de 20 % des voix, M. Ravier avait quitté le RN pour rallier la candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle. Il avait ensuite quitté Reconquête ! en 2024. Pour ces municipales de 2026, il soutient la candidature du député RN Franck Allisio à la mairie de Marseille. Sa nièce, également menacée d’une peine d’inéligibilité, figure d’ailleurs sur la liste du député.











