Revolut a commencé à vérifier les anciens virements effectués par des Russes.
Des ressortissants russes résidant dans l’Union européenne font l’objet de contrôles rétroactifs sur d’anciens virements vers la néobanque Revolut, certains effectués il y a un à deux ans depuis des pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI), selon le média spécialisé Oninvest.
La banque examine, depuis la fin de 2025, des transferts non européens réalisés en 2024 et en 2025 afin de déterminer si un établissement d’un pays tiers n’aurait pas servi d’intermédiaire pour des fonds d’origine russe. En cas de soupçon de liens avec la Russie, les comptes sont d’abord bloqués puis clôturés. Sur son site, Revolut écrit : « Nous ne proposons ni n’assurons actuellement aucun service en Russie. Notre position sur le conflit est conforme aux règles réglementaires internationales. »
Un porte-parole de la chaîne Telegram Fintech & Banking EU, qui recense ces situations, affirme avoir recensé « des dizaines de cas » depuis décembre 2025. Les contrôles porteraient notamment sur des virements SWIFT, des transferts par numéro de carte et des opérations effectuées via Sberbank, banque russe placée sous sanctions occidentales depuis 2022.
Plusieurs clients ont été invités à justifier l’origine de fonds transférés du Kazakhstan ou d’autres pays de la CEI. Dans un cas rapporté par Oninvest, une ressortissante russe titulaire d’un titre de séjour français a vu son compte clôturé en 2026 à la suite d’un virement de faible montant réalisé en 2024 via un service transfrontalier proposé par Sberbank. A l’époque, l’opération n’avait pas suscité d’interrogation, mais elle a été réexaminée rétroactivement.
Revolut avait averti ses clients en août 2025 que les transferts provenant d’entités russes sous sanctions, directement ou via des intermédiaires, constituaient une violation du régime de sanctions et entraîneraient la fermeture des comptes.
Ces contrôles interviennent après l’adoption par l’Union européenne d’un 19ᵉ paquet de sanctions interdisant notamment toute interaction avec le système de paiement russe Mir, ainsi qu’après l’inscription de la Russie sur la liste européenne des pays à haut risque en matière de financement du terrorisme et de blanchiment, entrée en vigueur en janvier 2026.
Les établissements financiers européens sont désormais tenus de procéder à des vérifications renforcées (« enhanced due diligence ») concernant les transactions liées à des pays figurant sur liste noire. En cas de soupçon de contournement des sanctions, ils doivent bloquer les opérations et peuvent mettre fin à la relation bancaire sans obligation de détailler publiquement leurs motifs.
Sollicitée par Oninvest, Revolut n’avait pas répondu au moment de la publication de l’enquête.
Plusieurs grandes banques européennes se sont, par le passé, vu infliger des amendes de plusieurs centaines de millions, voire de milliards de dollars, pour violations des régimes de sanctions internationaux, renforçant la prudence du secteur face aux risques réglementaires.







