L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Après le succès du Tableau volé, en 2024, Pascal Bonitzer s’est lancé sur la piste d’un roman de Georges Simenon paru en 1960, Maigret et les vieillards (réédition Le Livre de poche, 2008). Inscrite dans les beaux quartiers parisiens parmi l’aristocratie déclinante, l’enquête nous promène entre les 6e, 7e et 16e arrondissements après la découverte du cadavre du comte Armand de Saint-Hilaire à son domicile, rue Saint-Dominique, assassiné de plusieurs balles de pistolet. Dans ce roman, Maigret rumine plus qu’à l’ordinaire. Il n’entend pas grand-chose à ce milieu compassé et secret (contrairement à Simenon, qui l’a fréquenté à son arrivée en France dans les années 1920) et les mobiles du crime lui échappent.
Cette opacité décrépite, ce monde impénétrable régi par d’autres règles que celui du commun, Bonitzer entend, non sans risque, en faire un des motifs d’élection de son film, tant au niveau de ses ressorts dramaturgiques (litanies de conversation dans des appartements feutrés) que de sa plastique (une certaine grisaille y domine). Voilà donc un film bien terne, dont le caractère parfaitement délibéré interrogera cependant le spectateur. A commencer par le célèbre enquêteur, que le talentueux Denis Podalydès, bridé comme jamais, interprète à la manière d’un passe-muraille.
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