A Milan-Cortina, entre le 6 et le 15 mars, les drapeaux russes et biélorusses feront leur retour aux Jeux paralympiques, à la différence de la règle imposée de « bannière neutre » lors des Jeux olympiques d’hiver qui se déroulent actuellement, également en Italie. Mercredi 18 février, l’Ukraine a dénoncé une décision « scandaleuse » prise par le Comité international paralympique (CIP).
« La décision (…) est à la fois décevante et scandaleuse », a dénoncé le ministre des sports ukrainien, Matvi Bidny, sur X, affirmant que « les drapeaux de la Russie et de la Biélorussie n’ont pas leur place dans les événements sportifs internationaux qui prônent l’équité, l’intégrité et le respect. Ce sont les drapeaux de régimes qui ont fait du sport un outil de guerre, de mensonge et de mépris ».
Le CIP avait annoncé, mardi, que six athlètes russes et quatre biélorusses pourraient participer sous leurs drapeaux à l’événement, une décision qui marque le retour de deux nations bannies après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022. « Le comité national paralympique [CNP] russe s’est vu attribuer un total de six places. Le CNP biélorusse s’est vu attribuer quatre places », a précisé le CIP.
Craig Spence, un représentant de l’instance, a précisé que ces athlètes seraient traités comme ceux de « n’importe quel autre pays ». Ils pourront donc défiler avec leur drapeau, porter les couleurs de leur pays et célébrer une potentielle médaille d’or avec leur hymne.
Un boycott pas envisagé par les Ukrainiens
Cette issue est le résultat d’une décision des membres du CIP, datant de septembre 2025, de les laisser concourir avec hymne et drapeau, puis d’un jugement du Tribunal arbitral du sport validant cette décision malgré l’opposition de la Fédération internationale de ski (FIS). En conséquence, ce sont des athlètes russes et biélorusses, pratiquants des sports sous l’égide de la FIS, qui sont autorisés à concourir, a précisé Craig Spence.
La décision ouvre la voie à une réintégration plus générale des deux pays au sport mondial à deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Elle représente « une escalade de loyauté envers les représentants d’un Etat tueur », a déclaré Valeriy Sushkevych, président du comité paralympique ukrainien, qui se dit « indigné ». Celui-ci se refuse néanmoins à un boycott, qui permettrait à Vladimir Poutine de « revendiquer une victoire sur les paralympiens ukrainiens ».
La Russie pourra donc être présente à Milan-Cortina avec « deux représentants en ski alpin paralympique, deux en ski de fond paralympique et deux en snowboard paralympique », selon le comité international. La Biélorussie « s’est vue attribuer quatre places au total, toutes en ski de fond ».
Le comité paralympique russe a annoncé à des médias locaux qu’en ski alpin participeront Alexey Bugaev, triple champion paralympique, et Varvara Voronchikhina, double championne du monde. En ski de fond, il s’agira d’Ivan Golubkov et Anastasia Bagiyan et, en parasnowboard, de Dmitrii Fadeev et Philippe Shebbo Monzer.
Les Russes sont privés depuis 2016 de leurs couleurs dans l’arène olympique, en raison de scandales de dopage à répétition. Puis la Russie et la Biélorussie ont ensuite été privées de compétitions internationales sur leur sol, leurs drapeaux, hymnes et officiels largement bannis du sport mondial à cause des combats en Ukraine qui font rage depuis quatre ans.










