L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a mis fin, par un message publié sur le réseau social X, le 20 janvier, à l’ambiguïté stratégique qui a prévalu, pendant une décennie, dans la relation entre Washington et les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes). Après la conquête par les nouvelles autorités de Damas de 80 % du territoire administré par les FDS dans le Nord-Est syrien, communément appelé « Rojava », ce message a conforté le sentiment d’un lâchage américain chez les responsables kurdes. Ces derniers n’ont eu d’autre choix que d’accepter, le 30 janvier, sous la pression militaire de Damas et diplomatique de Washington, un accord d’intégration au sein de l’Etat syrien qui balaie leur rêve d’une autonomie kurde du Rojava.
M. Barrack a signalé la fin du soutien de Washington aux FDS. Il a rappelé que la présence américaine dans le Nord-Est syrien n’avait été justifiée que par le partenariat dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI), scellé en 2014. Le soutien américain ne s’est jamais traduit par une reconnaissance du droit à l’autodétermination des Kurdes en Syrie. En 2018, Donald Trump avait déjà failli abandonner les forces kurdes à leur sort, en décrétant le retrait des forces américaines du Nord-Est syrien, avant de se rétracter.
Le rapprochement entre M. Trump et le président de transition syrien, Ahmed Al-Charaa, qui a pris le pouvoir après la chute du clan Al-Assad, en décembre 2024, puis l’adhésion de la Syrie à la coalition internationale de lutte anti-EI, en novembre 2025, ont changé la donne. « La mission initiale des FDS, en tant que principale force anti-EI sur le terrain, est désormais largement dépassée, Damas étant à la fois disposé et en mesure d’assumer les responsabilités en matière de sécurité », a écrit M. Barrack, refusant de cautionner « le séparatisme ou le fédéralisme » prôné par les responsables kurdes. « Les Etats-Unis n’ont aucun intérêt à une présence militaire à long terme », a-t-il ajouté.
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