Du lundi 23 au samedi 28 février, se tiendra à la Philharmonie de Paris la quatrième édition de La Maestra, un concours biennal exclusivement réservé aux femmes cheffes d’orchestre. L’événement est né en 2019 sous l’impulsion de Claire Gibault, après une goutte d’eau qui a fait déborder le vase alors qu’elle siégeait au jury d’un concours de direction d’orchestre à Mexico. « C’était en septembre 2018, j’étais la seule femme, déroule-t-elle. Dès le premier jour, un chef d’orchestre mexicain m’aborde et me dit que son médecin, un grand scientifique, lui avait affirmé que les femmes, biologiquement, ne pouvaient pas être cheffes d’orchestre. »
Claire Gibault croit à une plaisanterie. Mais son interlocuteur surenchérit : « Les femmes ne peuvent tenir correctement une baguette, car elles ont les bras tournés vers l’avant. C’est tout naturel puisque c’est la position pour tenir les enfants. » Le sexiste refusera même d’écouter et de voter lors du passage des trois candidates qui concourent, sur un total de 12. « On arrive à la finale, continue Claire Gibault, avec une Chinoise et un Vénézuélien qui ont le même nombre de voix. Le principe d’un prix ex aequo étant refusé par peur de dévaloriser le concours, c’est lui qui sera arbitrairement désigné en tête du palmarès. Seule consolation, c’est elle qui a eu le Prix des musiciens de l’orchestre. »
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