Sur la couverture de son livre Cancer Colère. La santé et les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion (Seuil, 272 pages, 19,50 euros), Fleur Breteau, visage tourné de trois quarts, fixe le lecteur du coin de l’œil. Recouvrant son crâne presque glabre, un fin duvet blanc. Une boucle en forme de baleine, blanche elle aussi, pend à son oreille droite. Son vêtement est immaculé. Avec des airs de combattante tout droit sortie du film Matrix, Fleur Breteau semble nous interpeller depuis le seuil du paradis. Mais c’est de l’enfer qu’elle revient. Après avoir surmonté un cancer du sein en 2021 qui lui aura valu huit semaines de radiothérapie, une boule au sein droit la ramène quelques années plus tard à l’Institut Curie, à Paris, où a eu lieu son premier traitement.
Avant de rencontrer la chirurgienne qui va poser le diagnostic, Fleur doit patienter dans un sous-sol éclairé au néon, entourée de gens à la mine inquiète. « Mon portable n’a pas de réseau et c’est bien embêtant, car j’ai un rendez-vous professionnel à 14 heures et le temps passe », écrit dans son livre celle qui travaille en indépendante dans le conseil en responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Ressortie avec un protocole de soins après quatre longues heures d’attente, Fleur, que la peur de la mort envahit soudain à l’annonce de ce retour du « crabe », se voit dans le même temps rattrapée par la trivialité des impératifs professionnels : « Chez moi, je découvre le message mécontent de mon client, c’est normal, j’ai raté cette grosse réunion sans pouvoir prévenir. »
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