Jean-Michel Gal, psychiatre poignardé mortellement par un de ses patients à la Guadeloupe le 1ᵉʳ décembre 2025 « dans l’exercice de ses fonctions », a été élevé à titre posthume au grade de chevalier de la Légion d’honneur, selon un décret publié jeudi 26 février au Journal officiel.
A l’âge de 67 ans, ce professionnel de santé avait été tué par un patient de 48 ans au centre médico-psychologique du Gosier, sur l’île de Grande-Terre, où il travaillait.
Rapidement interpellé, le mis en cause avait reconnu les faits et « expliqué son passage à l’acte par sa colère contre la psychiatrie en général et les traitements qui lui étaient prescrits », avait rapporté Caroline Calbo, la procureure de la République de Pointe-à-Pitre. Il « venait de terminer une consultation » avec la victime « dans le cadre d’un suivi médical régulier », quand il est passé à l’acte, avec un « petit couteau rétractable ». L’autopsie avait révélé « des plaies au niveau de plusieurs organes », et permis de constater qu’« une dizaine de coups » lui avaient été portés.
La question des moyens alloués à la psychiatrie
Un collectif de la Guadeloupe réunissant une centaine de professionnels de santé avait défilé pour rendre hommage à Jean-Michel Gal. Vêtus entièrement de blanc, ces infirmiers et infirmières, médecins ou cadres de santé ont marché entre Pointe-à-Pitre et Les Abymes en réclamant « plus de moyens » pour lutter « contre l’insécurité » en psychiatrie.
A la suite de ce drame, le Conseil national de l’Ordre des médecins s’était alarmé d’une « constante augmentation » des agressions de médecins et s’était interrogé sur les moyens alloués à la psychiatrie de la Guadeloupe. Dans son rapport d’activité 2024, l’établissement public de santé mentale de l’archipel affirme avoir pris en charge 12 378 patients, soit 3 % de la population guadeloupéenne, un chiffre en hausse de 22 % depuis 2019.









