- Pour trouver de l’argent et relancer l’activité de leurs communes, de nombreux élus misent sur l’installation d’entrepôts logistiques.
- Les retombées économiques sont énormes, notamment en termes d’emplois, mais les conséquences environnementales interrogent aussi certains riverains.
- Sur place, ce genre de projet peut donc vite susciter la discorde, comme a pu le constater une équipe du 20H de TF1.
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Le 20H
Rester attractives, malgré la désertification rurale. Face à cette difficile équation, les communes doivent affronter un défi de taille. Certains élus ont opté pour une solution génératrice de revenus : l’accueil de plateformes logistiques. À Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher), une zone d’activités, où sont installées une quarantaine d’entreprises, existe déjà aujourd’hui. Mais Pascal Bioulac, maire (Horizons) de cette petite ville, voit les choses en bien plus grand pour développer l’économie locale. Ici, un immense entrepôt de 38.000 carrés verra le jour cette année pour permettre à la grande distribution de stocker des produits.
Des retombées économiques… mais un prix environnemental
Grâce à la taxe foncière, cette plateforme rapportera jusqu’à 300.000 euros par an de nouvelles recettes à la commune, sans compter les retombées économiques. « Il y a la création envisagée de 150 emplois, [avec de] nouvelles familles potentielles, des enfants à scolariser dans nos écoles….
« , se réjouit d’avance Pascal Bioulac, dans le reportage du 20H de TF1 à retrouver en tête de cet article. Mais cette installation gigantesque aura un prix environnemental. En effet, le déboisage d’environ 11 hectares de forêt attenante à la localité est nécessaire pour mener à bien le projet.
Une perspective qui ne réjouit pas les habitants du quartier voisin. Il y a 20 ans, François Eliet a monté un collectif de riverains pour défendre cette forêt qui intéressait déjà des promoteurs de bâtiments industriels. À force de se battre, ils ont réussi à faire annuler deux premiers projets, qui faisaient quasiment le double de la taille de celui retenu aujourd’hui. Ce qu’il craint le plus, avec ce genre de projet ? « Des nuisances sonores
« , avec
« quelques camions en plus sur l’autoroute
« , répond le président du collectif. Le Centre-Val-de-Loire est la région dans laquelle le secteur logistique a le plus progressé en 2024. 7 millions de mètres carrés supplémentaires d’entrepôt ont été construits.
Des terrains prisés par les entreprises
À l’échelle nationale, la superficie totale des espaces liés à ce domaine d’activité atteint 93 millions de mètres carrés, soit deux fois la taille de Lyon (Rhône). Mais les terrains de cette importance se font rares. Pour faciliter le travail des entreprises qui veulent s’implanter, la Caisse des dépôts (CDC) a déjà recensé plus de 9000 hectares disponibles. Ces lieux très recherchés répondent à des critères précis, notamment en matière de « taille
» et d’infrastructures de « transport
« , précise Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des territoires à la CDC. « Ce sont des sites qui vont être les plus proches possible
des grands hubs aéroportuaires
, des grands axes autoroutiers.
«
Deux atouts que présente la ville d’Augny, en Moselle. À 70 kilomètres à peine du siège européen d’Amazon, c’est ici que le géant américain de la livraison a choisi d’implanter son plus grand entrepôt français en 2021. Chaque année, l’entreprise reverse un million d’euros à cette petite ville de 2600 habitants. Une aubaine pour celle qui avait souffert de la fermeture de sa base aérienne en 2012 et de ses centaines de militaires. Ici, les habitants paraissent plutôt convaincus par l’apport d’un tel hangar. « Le village a été complètement refait, donc économiquement parlant, je me dis que c’est pas mal en fait
« , témoigne l’un d’entre eux. 4000 contrats à durée indéterminée (CDI) ont été créés sur le site depuis son ouverture.







