A son entretien d’embauche à la mairie du Buisson-de-Cadouin (Dordogne), petite commune d’environ 2 000 habitants située entre Périgueux et Sarlat, Didier Honno dut répondre deux fois à la même question, ce matin de février 2024 : « Etes-vous sûr de ne pas vous être trompé d’endroit ? » Face à lui : des élus interloqués par le curriculum vitae de celui qui postulait à la direction du cinéma municipal. Etonnant CV au demeurant… Y figuraient, entre autres, une formation de comédien au Théâtre national de Chaillot, un passage par les relations publiques de la Comédie-Française et plus de vingt ans de service à l’Opéra national de Bordeaux, quitté en tant que directeur adjoint des publics.
Que venait donc faire ce professionnel chevronné dans cette partie du Périgord, dépourvue de tout équipement culturel d’envergure ? Didier Honno n’a pas eu besoin de se justifier longuement. C’est pour suivre sa compagne, revenue vivre dans un hameau des environs, qu’il a décidé de présenter sa candidature à la tête du Lux Louis-Delluc. Une petite annonce sur un panneau numérique avait attiré son regard en sortant de la gare du Buisson-de-Cadouin. L’occasion serait belle de terminer sa carrière avec une expérience en milieu rural. Expérience plus exigeante qu’on ne croit. « Faire vivre à l’année un cinéma dans une commune de cette taille reste une gageure », résume-t-il.
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