Evoquer l’histoire à travers ses silences, les traces qu’elle laisse sur le territoire, les fantômes qu’elle oublie dans certains déserts… Les photographies de Jo Ractliffe sont taiseuses, magnifiquement taiseuses. Mais, à bien y regarder, elles sont riches des récits et des paradoxes qui construisent son pays, l’Afrique du Sud. Singulière sur la scène photo africaine, la native du Cap, âgée de 64 ans, n’a jamais photographié la misère des rues de Johannesburg ni les émeutes des townships. Elle a choisi de partir vers des terres moins habitées, moins explorées.
Se dédier au photojournalisme ? « Il était évident que je n’avais pas le tempérament pour ça, moi qui étais assez timide avec un appareil photo, raconte-t-elle à quelques jours du vernissage au Musée du Jeu de paume, qui consacre son œuvre. Dès mes premières photographies, en 1982, j’ai compris que photographier était avant tout une quête privée. » Elle aurait aussi pu se tourner vers le documentaire social ? « Mon travail ne portait pas les messages politiques explicites qu’on en attend, rétorque-t-elle. J’étais à la recherche d’un autre langage, d’une certaine poétique. »
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