- Selon Human Rights Watch, Israël a utilisé « illégalement » du phosphore blanc dans le sud du Liban.
- Des munitions auraient explosé au-dessus d’habitations dans le cadre de l’offensive contre le Hezbollah.
- Interrogée, l’armée israélienne affirme n’être « actuellement pas au courant ».
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En novembre 2024, plusieurs experts avaient accusé Israël de vouloir créer un no man’s land
au sud du Liban en détruisant des villages et de vouloir ainsi empêcher un retour du Hezbollah dans les zones frontalières. Un an et demi plus tard, l’État hébreu renouerait-il avec cette méthode polémique ? Selon Human Rights Watch, Tsahal a utilisé « illégalement
» la semaine dernière du phosphore blanc sur des zones habitées. Des allégations que l’armée israélienne a dit « ne pas pouvoir confirmer
« .
« L’armée israélienne a illégalement utilisé des munitions au phosphore blanc tirées à l’artillerie au-dessus d’habitations le 3 mars 2026, dans la localité de Yohmor, dans le sud du Liban
« , a détaillé l’ONG dans un communiqué. HRW dit avoir « vérifié et géolocalisé sept images montrant des munitions au phosphore blanc
» qui ont explosé « au-dessus d’une zone résidentielle »
et des agents de la Défense civile libanaise intervenant pour éteindre un incendie touchant des maisons. Ce dernier « a probablement été causé par des morceaux de feutre imprégnés de phosphore blanc
« .
Une substance pouvant être contraire au droit international
Comme nous l’avions expliqué fin 2024, une armée peut recourir au phosphore blanc en temps de guerre. Mais tout dépend de son utilisation. Concrètement, cette substance chimique – contenue dans des obus d’artillerie, des bombes ou des roquettes – s’utilise pour « éclairer les champs de bataille, générer un écran de fumée et comme agent incendiaire
« , selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le phosphore blanc n’est pas considéré stricto sensu
comme une arme chimique, mais peut être contraire au droit international « s’il est utilisé, intentionnellement, comme arme incendiaire directement contre des humains dans un cadre civil
« , précise l’OMS. En effet, la substance peut provoquer des incendies, de graves brûlures, des lésions respiratoires, des défaillances d’organes et même la mort.
« L’utilisation illégale de phosphore blanc par l’armée israélienne sur des zones résidentielles est extrêmement alarmante et aura de graves conséquences pour les civils
« , s’est alarmé ce lundi 9 mars Ramzi Kaiss, chercheur à Human Rights Watch. Interrogée, l’armée israélienne répond qu’elle « n’est actuellement pas au courant, et ne peut confirmer l’utilisation d’obus contenant du phosphore blanc au Liban, comme cela a été affirmé
« . Elle a précisé que sa politique consistait à ne pas utiliser d’obus contenant du phosphore blanc « dans des zones densément peuplées, sauf dans certains cas
« .
Les autorités libanaises et HRW ont déjà accusé par le passé Israël d’avoir brûlé des régions boisées et des terres agricoles dans le sud du pays en les bombardant au phosphore blanc. Ces précédents, notamment en 2023 et 2024, « ont mis les civils en grave danger et contribué au déplacement de civils
« , selon HRW. En février, Beyrouth a également accusé Israël d’avoir pulvérisé du glyphosate, un herbicide controversé, du côté libanais de la frontière. Les autorités libanaises s’inquiétaient alors des dégâts sur les terres agricoles et sur la population à long terme.









