- Détenu à la maison d’arrêt de Villepinte, Ilyas Kherbouch s’est échappé samedi grâce à un stratagème inédit : trois faux policiers sont venus l’extraire du bâtiment.
- À 20 ans seulement, le jeune homme accumule les affaires de vols en bande organisée, et parfois d’enlèvement et de séquestration.
- Lors de son incarcération, il se trouvait en détention provisoire et exécutait en parallèle « quatre peines », selon le parquet de Paris.
Il aura fallu 48 heures à la direction de la prison pour constater que le jeune homme s’était bien enfui. Un détenu de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) s’est évadé samedi avec l’aide de trois complices (nouvelle fenêtre), des faux policiers munis de fausses réquisitions afin de l’extraire pour une prétendue garde à vue. Ilyas Kherbouch, 20 ans, se trouvait au cœur de multiples affaires : il était en « détention provisoire dans le cadre de deux dossiers et en exécution de quatre peines »
, indique le parquet de Paris à TF1-LCI.
Le 27 novembre dernier, ce jeune homme né en mars 2005 a été mis en examen dans l’affaire du homejacking de Gianluigi Donnarumma, l’ancien gardien de but du PSG, en 2023. Il a été placé en détention provisoire pour « vol en bande organisée, enlèvement et séquestration, et association de malfaiteurs »
, détaille la source judiciaire. L’ancien joueur et sa compagne avaient été séquestrés et violentés en pleine nuit, (nouvelle fenêtre) et les voleurs avaient notamment dérobé des montres et des bijoux.
Jusqu’à sept ans de réclusion dans une affaire de vol, enlèvement et séquestration
Puis le lendemain, le 28 novembre, Ilyas Kherbouch a par ailleurs été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à six ans de prison avec maintien en détention pour « complicité de vols aggravés »
. Il a fait appel de cette décision, et le délibéré est fixé au 12 mars prochain.
Outre ces deux dossiers, le détenu exécutait quatre peines prononcées contre lui, là encore principalement pour des affaires de vols. En septembre 2023, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 15 mois de prison pour « complicité de vol aggravé et rébellion en récidive »
, auxquels s’ajoutent 12 mois d’emprisonnement dans le cadre d’une autre affaire. En janvier 2024, il est en effet condamné à Paris pour « recel de vol aggravé en récidive »
.
En décembre de la même année, il est de nouveau condamné, une sanction plus lourde encore : il est condamné à sept ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des mineurs des Yvelines. Cette fois, il a été reconnu coupable de « vol à main armée
en bande organisée
(nouvelle fenêtre), enlèvement et séquestration »
et à nouveau « association de malfaiteurs »
, entre autres. Enfin, il a été condamné à quatre ans et demi de prison le 9 janvier 2026 à Nanterre, encore une fois pour « association de malfaiteurs en récidive »
. Au vu de toutes ces condamnations, sa sortie de détention était prévue en 2035, « avant toute nouvelle décision »
.
Une nouvelle condamnation… la veille de son évasion
La série noire ne s’arrête pas tout à fait là : la veille de son évasion, le 6 mars dernier, il est condamné à trois ans et demi de prison par le tribunal correctionnel de Pontoise, dans une énième affaire de « vols avec violence en bande organisée en récidive »
. « Cette peine n’avait pas encore été portée à l’écrou »
, note toutefois le parquet de Paris, ce qui signifie qu’Ilyas Kherbouch n’avait pas encore été pris en charge par l’administration pénitentiaire pour cette sanction.
Ces dernières heures, une enquête pour «
évasion en bande organisée
(nouvelle fenêtre), et association de malfaiteurs »
a été ouverte, a ajouté le parquet. Des délits pouvant être sanctionnés de dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Le parquet de Bobigny s’était dessaisi au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de la capitale. Les investigations ont été confiées à l’office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et à la direction de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris.
Par ailleurs, la direction de l’administration pénitentiaire (DGAP) a diligenté une enquête interne pour déterminer les circonstances de cette évasion et l’inspection générale de la justice (IGJ) a été saisie par le garde des Sceaux pour faire toute la lumière sur cette évasion.







