Ce samedi soir frisquet de février, le centre Jean-Vilar manque de chaises. Djamel Blanchard, qui vient de lâcher le micro à la tribune et file donner un coup de main en cuisine, fait un détour pour apporter une dizaine de fauteuils en plastique vert fluo. Une petite centaine de personnes s’entassent dans cette modeste salle municipale, située au milieu du quartier de la Roseraie, dans le sud d’Angers (Maine-et-Loire). Toutes viennent de quartiers populaires, sont pour beaucoup engagées en politique de longue date, et se définissent pour la plupart comme « racisées », un terme qui renvoie au fait d’être touché par des formes de racisme.
Ce 7 février, elles assistent à l’inauguration de l’antenne angevine de l’Assemblée des quartiers, un mouvement national lancé en 2024 par des militants des quartiers populaires pour peser pleinement en politique. Ils portent une conviction, que résume Saïd Boukobaa, l’un des organisateurs de l’événement : « Comme le disait Nelson Mandela, tout ce qui est fait pour nous sans nous, c’est fait contre nous. »
A Angers comme à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Fresnes (Val-de-Marne) ou Toulouse (Haute-Garonne), l’Assemblée des quartiers est née d’une frustration : celle, pour les personnes issues des quartiers populaires ou de l’immigration, de n’être invitées en politique que pour afficher une diversité de façade. A sa création, un des objectifs du mouvement était de soutenir des listes autonomes, aux couleurs du collectif, pour les municipales de 2026. Car nombre de ses militants dressent un constat amer de leur engagement auprès des partis traditionnels.
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