Sur son poignet gauche, Célia Pelluet porte le souvenir tatoué d’un voyage au Chili : un amas d’étoiles de la constellation du Taureau, les Pléiades. « Un arrêt sur image du ciel nocturne du désert d’Atacama. C’était tellement beau ! », décrit-elle avant de s’interrompre, soudain saisie d’un doute : « Cette phrase fait extrêmement péteuse… »
Pas tant que ça. On aime l’écouter parler de l’espace, de sa passion pour la précision, les mesures, et pour cette portion de ciel qu’elle a fait graver sur sa peau. Ingénieure au Centre national d’études spatiales (CNES), elle a poussé le détail jusqu’à reproduire les traînées lumineuses des étoiles – verticales et horizontales – que l’on perçoit en observant le ciel dans un capteur saturé de lumière. L’effet de « blooming », explique la docteure en physique quantique. Le soir venu, elle quitte sa blouse et troque les sciences dures contre une autre discipline : le stand-up.
« Faire des vannes, c’est une science expérimentale, assure l’ingénieure. Il existe une théorie de la construction des blagues, un processus mécanique que j’ai étudié. On crée un récit, on le travaille comme en laboratoire : on fait varier un paramètre, on observe les réactions, puis on analyse ce qui a provoqué le changement. » Monsieur Jourdain, le bourgeois gentilhomme de Molière, faisait de la prose sans le savoir ; « les stand-upeurs, eux, font de la science sans le vouloir », observe-t-elle.
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