- Le Rassemblement national se félicite de ses résultats à l’issue de ce second tour des élections municipales.
- Le parti met notamment en avant ses 24 candidats élus ou réélus dès le premier tour.
- Mais dans beaucoup de villes, celui-ci ne dispose pas de réserves de voix en vue du second tour, et il a de nouveau échoué à s’imposer dans les grandes villes.
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Élections Municipales 2026
« Une immense victoire pour notre mouvement. »
C’est dans ces termes que Marine Le Pen a commenté les résultats du premier tour des élections municipales, ce dimanche 15 mars. Ce lundi matin, le Rassemblement national se félicite de l’élection ou de la réélection de 24 maires issus du mouvement, de 1.279 élus municipaux, et de la présence de « dizaines de candidats largement en tête et en position très favorable »
pour le deuxième tour.
En effet, le parti d’extrême droite a obtenu de nombreuses victoires symboliques dimanche soir. À Perpignan, principale ville conquise par le parti à la flamme en 2020, Louis Aliot a été réélu au premier tour avec 50,61% des suffrages. À Hénin-Beaumont, ville du Pas-de-Calais présentée comme le laboratoire du parti et le fief de Marine Le Pen, Steeve Briois a été réélu avec 78% des voix. À Fréjus, en dépit de ses affaires judiciaires, David Rachline s’est assuré une réélection avec 51% des voix. Fabien Engelmann, qui dirige la ville d’Hayange (Moselle) depuis 2014, a été réélu avec 72,96% des voix ; à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) le jeune député RN Bryan Masson a été élu avec 50,21% des voix dans la quatrième ville la plus peuplée du département. Pour la première fois aussi, le RN a remporté ses deux premières mairies dans le département de la Gironde.
Surtout, le mouvement souligne sa progression par rapport à 2020. En tête dans onze communes au premier tour il y a six ans, il l’est désormais dans près de 70, dont douze avec des listes d’alliance avec les ciottistes, selon les résultats communiqués par le ministère de l’Intérieur. Parmi les plus grosses communes concernées figurent Nice, où Eric Ciotti devance Christian Estrosi ; Toulon, où Laure Lavalette est arrivée en tête ; Menton, où Alexandra Masson a devancé ses adversaires, parmi lesquels Louis Sarkozy ; ou encore Nîmes, où Julien Sanchez est en tête de 163 petites voix seulement.
L’entreprise de conquête du RN sur le pourtour méditerranéen n’est pas visible
L’entreprise de conquête du RN sur le pourtour méditerranéen n’est pas visible
François Kraus, Ifop
Toutefois, si le RN a démontré qu’il était « toujours dans une dynamique, il s’impose dans beaucoup de triangulaires »
, analyse auprès de l’AFP le politologue Bruno Cautrès, ce qui ne veut pas dire qu’il va gagner ces villes mais « il peut augmenter significativement le nombre de ses conseillers municipaux »
.
« L’entreprise de conquête du RN sur le pourtour méditerranéen n’est pas visible »
, estime aussi François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop. Le RN « ne part pas gagnant »
à Nîmes ou Marseille, tandis qu’à Toulon, il n’a « pas de réserves »
de voix, tout comme à Nice, où le député UDR allié du RN Éric Ciotti en position favorable « devra encore faire le plein »
. Or, un second tour « se gagne sur les reports de voix »
, rappelle-t-il.
Ces experts rappellent en effet que les élections municipales sont des élections à deux tours, et qu’un peu comme lors des élections législatives anticipées de 2024, le Rassemblement national pourrait se confronter à un « plafond de verre » dimanche prochain. Faute de réserves de voix à l’extrême droite, le RN ne peut compter que sur deux leviers : un sursaut de mobilisation de ses électeurs – « aucune voix ne doit manquer »
, a ainsi lancé Marine Le Pen ; et de nouvelles alliances – esquissées par Jordan Bardella. « Partout où le contexte local le permet, le RN tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l’extrême gauche et la dilution dans le macronisme »
, a déclaré le président du parti à la flamme dimanche soir.
Les grandes villes toujours imperméables
Aussi, ce premier tour des municipales rappelle les limites du vote RN. Sèchement battu à Calais, défait d’une courte tête à Lens, le mouvement n’arrive toujours pas à s’imposer dans les plus grandes villes. À Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Rennes et Strasbourg, le choix d’eurodéputés proches de Jordan Bardella pour franchir un palier s’est avéré perdant : aucun ne sera présent au second tour. Pour illustrer ces lacunes dans les grandes villes le cas de Thierry Mariani à Paris est flagrant : il a été balayé avec à peine 1,5% des voix, siphonné par sa rivale Reconquête Sarah Knafo. Un fiasco dans les métropoles, qui n’est pas de meilleure augure à un an de la présidentielle.
Toutefois, le Rassemblement national gagnera des conseillers municipaux, et pourrait faire entrer des élus au Sénat à l’automne prochain. Le tiers de l’hémicycle sera renouvelé en septembre, et dans ce suffrage indirect, ce sont les élus locaux qui désignent les sénateurs.










