- Plus d’un Français sur cinq jette des déchets par la fenêtre de sa voiture sur l’autoroute. Désormais, ce geste est passible de 135 euros d’amende.
- Le réseau secondaire, à la campagne, n’est pas épargné, et cela finit par coûter cher en opérations de nettoyage.
Aujourd’hui, les routes de campagne ne sont pas épargnées par les dépôts de déchets. Les routiers en sont les premiers spectateurs. En témoigne, le dépotoir qui se cache derrière les ronces dans le reportage en tête de cet article, même si à première vue, rien n’y paraît. « C’est une catastrophe, c’est de pire en pire. C’est partout, partout, partout »,
déplore Julien Rochefort, un chauffeur routier en pause déjeuner, qui n’en revient pas. « Des papiers, des clémentines, des œufs. Là, il y a une boîte de conserve alors qu’il y a une poubelle à 30 centimètres. C’est lamentable »,
poursuit-il.
« C’est un peu dégoûtant de voir que la nature est saccagée. C’est toutes les aires de repos qui sont comme ça. Il n’y a qu’un endroit où on peut stationner »,
abonde un second, Pierre Jean Mellin. On trouve même des détritus le long des routes, éparpillés et dissimulés par les fossés et l’herbe.
« Un déchet jeté, c’est un agent en danger »
Julien Germain, agent technique territorial au conseil départemental, fait 6 kilomètres de marche par jour en ce moment pour nettoyer les bas côtés. « Ça permet d’enlever tous les déchets avant la période de fauche qui va arriver au mois de mai. Pendant que l’herbe n’est pas encore très haute, on peut ramasser les déchets et ça évite de les broyer après au fauchage »,
commente ce dernier.
Dans ce département, le nettoyage des routes départementales coûte 30.000 euros à l’année, un budget toujours plus important mais aussi du temps. « Effectivement, ce temps qu’on passe à nettoyer les bords de route, on ne le passe pas pour faire de la remise en état, des petites réparations qui pourraient améliorer le confort et l’unité de nos routes »,
explique Jean-Yves Jolys, directeur des routes au département des Deux-Sèvres. Mais les agents ne peuvent pas tout nettoyer, certains déchets se trouvant sur des propriétés privées. « On ne peut pas faire ce qu’on veut non plus tout le temps. Dans le bois, il y a peut-être d’autres déchets qu’on ne voit pas et qui peuvent nuire à la parcelle du propriétaire »,
illustre Jérémy Brosset, chef d’équipe de la dir Centre-Ouest.
Sur la route nationale où a été tournée une partie du reportage ci-dessus, à 80 km/h, ramasser les déchets, c’est aussi prendre des risques. « Un déchet jeté, c’est forcément un agent en danger »,
confirme
Sébastien Clopeau, responsable du pôle d’exploitation de la dir Centre-Ouest.
En France, en 2025, les agents ont ramassé en moyenne sur les routes françaises 500 kg de déchets par kilomètre. Jeter un détritus le long de la route est interdit par la loi. Le contrevenant s’expose à une amende de 135 euros.











