Le comptoir est celui d’un poste de police. Sous un écusson rouge, noir et or, des idéogrammes indiquent « Sécurité publique de Shanghaï ». Une porte mène à une cabine capitonnée, avec l’écriteau « salle d’interrogatoire ». Dos au bureau où s’assoit en principe l’enquêteur, on y lit l’injonction : « Avouez et vous serez traité avec indulgence ; résistez et vous serez traité sévèrement. » Face à lui, un siège constitué de tubes de métal, qui permettent, en Chine, de maintenir les suspects, et communément désigné sous le nom de « chaise du tigre ».
Ce décor pourrait être celui d’une série policière. Il appartient en réalité à un vaste complexe d’escroquerie en ligne qui a servi à tromper un nombre inconnu de victimes, en l’occurrence chinoises, à qui de faux policiers faisaient croire qu’elles faisaient l’objet d’une enquête avant de siphonner leurs comptes bancaires. Aménagé dans une barre de cinq étages, il est situé dans la bourgade d’O’Smash, une zone de casinos et de complexes touristiques située au nord du Cambodge, collée au poste frontalier thaïlandais de Chong Chom. L’armée thaïlandaise en a pris le contrôle lors de l’ultime phase d’affrontements entre les deux pays, du 7 au 27 décembre 2025. Elle y a mené, le 12 mars, une délégation de journalistes étrangers, dont Le Monde.
Il vous reste 83.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.











