Au fil des procès terroristes qui se sont multipliés ces dernières années devant la cour d’assises de Paris, on pensait avoir tout vu, tout entendu, des atrocités perpétrées par l’organisation Etat islamique (EI). On avait tort. La justice française n’avait jusqu’ici traité que la partie émergée de l’entreprise de terreur mise en place par le groupe terroriste, celle des attentats perpétrés sur le territoire national.
Le procès des otages français détenus et torturés en Syrie, qui s’est conclu, le 21 mars 2025, par la condamnation à la perpétuité de Mehdi Nemmouche, avait ouvert une première fenêtre, sidérante, sur la réalité des exactions commises par l’EI dans son pseudo-califat irako-syrien. Le procès du djihadiste français Sabri Essid, jugé par défaut à Paris, depuis le lundi 16 mars, pour sa participation au génocide des yézidis, plonge plus profondément encore au cœur des ténèbres de l’organisation.
Le procès avait commencé depuis quelques heures, un enquêteur de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) était en train d’expliquer comment l’EI avait mis en place un vaste plan d’éradication de cette minorité religieuse, fondé sur le meurtre ou la conversion forcée des hommes et des garçons pubères et l’esclavage des femmes, des filles et des plus jeunes enfants, quand le président de la cour, Marc Sommerer, a choisi de l’interrompre pour procéder à la lecture d’un document.
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