Jean-Sébastien Vialatte, maire (Les Républicains, LR) de Six-Fours-les-Plages (Var) depuis trente ans, est un homme conscient de sa précarité : « Ma femme m’a dit : “Si le Front national t’avait mis en face un médecin de 40 ans propre sur lui, tu aurais été battu.” Je crois qu’elle a raison. » Au premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars, il n’a pas perdu, mais il n’a pas encore gagné : l’ancien député est devancé de 66 voix par son lointain successeur, Frédéric Boccaletti. Il espère que les près de 10 % d’électeurs de gauche au premier tour viendront à son secours contre le candidat du Rassemblement national (RN), militant frontiste historique, implanté de longue date à Six-Fours-les-Plages mais au passé radical.
Le Var est le département où le parti d’extrême droite a réalisé sa percée la plus spectaculaire, poursuivant son grignotage de la droite locale. A l’issue du second tour, l’extrême droite pourrait diriger la majorité des dix premières villes du département, dont Toulon, sa préfecture. Le Var a toujours été la fédération la plus puissante du Front national. Mais la désastreuse expérience municipale toulonnaise, entre 1995 et 2001, a longtemps obéré ses chances d’exercer des responsabilités locales, solidement tenues par la droite.
Il vous reste 75.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









