- Le parquet de Paris a transmis au ministère américain de la Justice des « informations » au sujet du milliardaire américain.
- Il estime que l’entrepreneur a cherché à créer une « valorisation artificielle » de deux de ses sociétés, en exploitant une vive polémique ces derniers mois.
- Elle avait éclaté après que Grok, son outil d’IA, a permis de créer de fausses images de femmes ou d’enfants dénudés, à partir de photos réelles.
Suivez la couverture complète
Twitter dans la galaxie d’Elon Musk
Un mois avant sa convocation à Paris dans le cadre d’une enquête préliminaire sur le réseau social X, Elon Musk est de nouveau dans le viseur de la justice française. Le parquet de la capitale a signalé aux autorités américaines une possible « valorisation artificielle »
des sociétés X et X IA par l’homme le plus riche du monde (nouvelle fenêtre), a indiqué samedi le parquet de Paris, confirmant une information du Monde.
Selon cette source, « la polémique suscitée
» ces derniers mois « par
les deepfakes
(nouvelle fenêtre) (montages hyperréalistes, ndlr)
à caractère sexuel générés par Grok
(nouvelle fenêtre)«
, l’assistant d’intelligence artificielle d’Elon Musk, « pourrait avoir été générée à dessein, afin de valoriser artificiellement les sociétés X et X AI »
, l’entreprise d’IA du milliardaire américain.
Des messages portant des « incitations à générer des images non consensuelles »
L’objectif visé serait « l’introduction en Bourse prévue en juin 2026 de la nouvelle entité née de la fusion entre Space X et X AI, et alors que la société X était
en perte manifeste de vitesse
(nouvelle fenêtre)«
, a expliqué le parquet. Ce dernier a alors émis, le 17 mars, une « transmission spontanée d’informations »
au ministère américain de la Justice, « via le bureau d’entraide pénale internationale du ministère de la Justice français »
. Elle était adressée « à l’intention des avocats français de la Securities and Exchange Commission (SEC), qui est l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers »
.
Il y a quelques mois, une fonctionnalité avait été ouverte dans Grok, permettant aux utilisateurs de lui demander de créer des deepfakes de femmes et d’enfants dénudés (nouvelle fenêtre), à partir de photos réelles. Cette affaire avait soulevé un tollé dans de nombreux pays et entraîné l’ouverture d’une enquête de l’UE (nouvelle fenêtre). En réponse, X AI avait restreint mi-janvier la génération d’images (nouvelle fenêtre) par Grok à ses seuls abonnés payants, et assuré bloquer la création d’images sexualisées « au sein des juridictions où cela est illégal »
.
D’après Le Monde, qui a révélé le signalement du parquet de Paris, ce dernier fait notamment référence à « plusieurs messages d’Elon Musk, postés en pleine polémique »
et interprétés « comme autant d’incitations à générer des images non consensuelles »
. L’entrepreneur s’y « réjouit, avec force émojis, des capacités de
déshabillage de son moteur d’intelligence artificielle, allant jusqu’à relayer sa propre image, dans laquelle son chatbot lui fait arborer un bikini »
, souligne le journal. Il a aussi salué la présence de l’application Grok « au sommet des classements des applications les plus téléchargées dans divers pays ».
Musk convoqué à Paris dans un mois dans une autre enquête
Cette transmission a été réalisée en parallèle d’une autre affaire : le réseau social X est visé depuis début 2025 par une enquête préliminaire du parquet de Paris (nouvelle fenêtre), qui avait notamment convoqué Elon Musk le 20 avril pour une audition libre. C’est dans le cadre de ces investigations que les magistrats parisiens pensent avoir repéré de possibles autres agissements répréhensibles, et ont voulu « attirer l’attention de la SEC »
, selon le ministère public.
Cette enquête préliminaire porte sur des soupçons de biais d’algorithmes, de complicité de détention d’images de mineurs présentant un caractère pédopornographique, de complicité de diffusion, offre ou mise à disposition en bande organisée d’image de mineurs présentant un caractère pédopornographique, de deepfake à caractère sexuel, ou encore de négationnisme. Elles ont mené à une perquisition des locaux français de X début février.











