Au Canada, où les salariés travaillent chez eux en moyenne 1,9 jour par semaine, selon l’enquête mondiale sur les modes de travail, réalisée auprès de 16 000 télétravailleurs dans le monde – soit bien plus que leurs homologues français, qui plafonnent à une journée –, le télétravail est remis en question. L’engouement a été favorisé par une culture managériale canadienne axée sur la flexibilité, un haut taux de syndicalisation permettant d’obtenir des accords favorables aux employés et l’importance accordée à la conciliation entre le travail et la famille. Ce dernier facteur est perceptible dans des politiques sociales favorisant, par exemple, le congé parental long, qui peut atteindre plus de soixante semaines.
Pourtant, cet équilibre du travail hybride s’est brutalement rompu aux yeux de Sarah Frion, 33 ans, responsable principale en politiques publiques et gestion du patrimoine de la province de l’Ontario. Depuis le 5 janvier, le gouvernement de la province la plus peuplée du pays exige le retour au bureau de ses 60 000 employés : « Pendant la pandémie [de Covid-19], le gouvernement disait que le télétravail fonctionnait très bien. Et maintenant, le même nous dit que ça ne marche pas », regrette celle qui pouvait jusqu’ici travailler chez elle trois jours par semaine.
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