L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR
Un titre de journal est bien trop court pour qualifier Hélène Hazera, 74 ans, à laquelle Judith Abitbol rend hommage dans son documentaire Hélène Trésore Transnationale. Exercice d’admiration assumé, le film semble ne pas pouvoir contenir toutes les vies de cette femme trans, et le récit déborde joyeusement, sautant d’une image d’archives à une interview.
De fil en aiguille, des proches ou amis, avec lesquels Hélène Hazera n’a jamais eu peur de se disputer, racontent cette figure de la contre-culture des années 1970-1990, avec ses hauts et ses bas (résille). L’intéressée, elle, reçoit dans son appartement parisien la réalisatrice (autrice d’A bas bruit, sorti en 2013, avec Nathalie Richard), les histoires s’échappant des étagères remplies de souvenirs.
Née en 1952, de parents engagés dans la résistance, elle a grandi dans le 16e arrondissement de Paris, et fréquente assidûment la cinémathèque de Chaillot. A 21 ans, après une transition, elle devient Hélène. Si son père et sa mère ne la rejettent pas, ils ne l’accueillent pas non plus à bras ouverts. Elle tente l’Idhec, l’ex-Fémis, l’école de cinéma parisienne, mais apprend qu’elle a été recalée du fait de sa transidentité. Pendant cinq ans, elle fait le trottoir. « Une pute qui avait lu les situationnistes, ça ne court pas les rues ! », ironise-t-elle aujourd’hui.
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