- Le gouvernement présente ce mercredi en Conseil des ministres un projet d’actualisation de la LPM.
- Ce texte, dont l’exécutif espère une adoption avant le 14 juillet, prévoit de renforcer les budgets, avec 36 milliards d’euros supplémentaires qui seraient débloqués d’ici 2030.
- Plusieurs priorités ont été mises en avant, notamment l’achat de munitions et de drones.
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Plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient
Missiles, drones, munitions… Le gouvernement présente ce mercredi 8 avril en Conseil des ministres son projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) renforçant l’effort budgétaire face à l’aggravation des menaces et l’hypothèse d’un conflit avec la Russie (nouvelle fenêtre). Un plan présenté par ailleurs en pleine guerre au Moyen-Orient, où un cessez-le-feu vient tout juste d’être annoncé par Washington (nouvelle fenêtre).
Cette programmation pluriannuelle (nouvelle fenêtre) prévoyait un total de 413 milliards d’euros pour les besoins des armées pour les années 2024 à 2030. Le projet de loi, qui va être présenté au Parlement pour une adoption espérée avant le 14 juillet, prévoit 36 milliards d’euros supplémentaires sur la période afin d’« accélérer notre réarmement »
, avait annoncé en janvier Emmanuel Macron lors de ses voeux aux Armées (nouvelle fenêtre).
« Faire face » au scénario d’un « engagement majeur d’ici trois à quatre ans »
Selon le président de la République, qui entame sa dernière année de mandat, l’enjeu est de « préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d’ici trois à quatre ans »
face à une Russie perçue comme de plus en plus menaçante pour la sécurité de l’Europe (nouvelle fenêtre).
La LPM, dont le principe d’actualisation était prévu dès son adoption fin 2023, fixe l’enveloppe globale et les priorités sur plusieurs années. Mais le budget des Armées, qui permet d’allouer les fonds nécessaires tant au paiement des soldes que des matériels, doit être voté chaque année par le Parlement.
Le projet d’actualisation de la LPM prévoit en 2030 un budget de la défense de 76,3 milliards d’euros, soit 2,5% du PIB (nouvelle fenêtre), contre 57,1 en 2026, selon l’avant-projet de loi dévoilé par Politico et La Tribune
et que l’AFP a consulté. Il était de 47,2 milliards en 2024, première année de la LPM. Alors que les pays d’Europe sont engagés dans d’importants efforts de réarmement (nouvelle fenêtre), cette actualisation ne prévoit pas en revanche d’augmentation du format des armées, qui reste à 210.000 militaires d’active, 225 avions de combat, 15 frégates de premier rang.
La France « totalement engagée » sur le volet des drones
En revanche, les leçons des conflits russo-ukrainiens et au Moyen-Orient, où la consommation de munitions est conséquente, poussent à un effort particulier sur les stocks de missiles et d’obus, longtemps variables d’ajustement des budgets militaires depuis la fin de la Guerre froide. D’ici 2030, ce sont 8,5 milliards d’euros en plus des 16 milliards déjà prévus sur la période qui seront consacrés à l’acquisition de munitions.
Invitée dans le 20H de TF1 mardi soir, la ministre des Armées Catherine Vautrin a assuré que « l’armée française est opérationnelle »
, tout en plaidant que « pour autant, il faut aller plus loin »
. « La France a commencé à travailler
sur le sujet »
des drones (nouvelle fenêtre), a-t-elle notamment souligné, évoquant une commande de 10.000 petits drones notamment. « On en aura 5.000 dès cette année »
, a-t-elle ajouté, assurant que la France était « totalement engagée »
sur ce dossier, avec « deux milliards »
d’euros supplémentaires seulement pour les drones.
Guerre : Catherine Vautrin invitée du 20H de TF1Source : JT 20h Semaine
La ministre a aussi justifié ces investissements massifs pour les Armées, malgré un contexte budgétaire très tendu, face à un « monde (qui) se durcit »
et « la proximité des théâtres de guerre »
. « La responsabilité du gouvernement c’est d’anticiper et d’apporter des réponses très concrètes pour préparer notre pays, c’est la raison pour laquelle le budget de la Défense est en augmentation »
, a-t-elle insisté, soulignant l’objectif de « protéger les Français »
mais aussi de « créer de l’emploi »
dans le secteur, en parvenant à une « solution souveraine »
.









