- En 2024-2025, 9,8% des heures d’enseignement n’ont pas été assurées dans les collèges et lycées publics, selon une étude du ministère de l’Éducation nationale publiée jeudi.
- Les absences d’enseignants non remplacées représentent la principale cause, avec 7,5% des heures perdues.
- Dans les établissements les plus touchés, ce sont près d’un cours sur cinq qui ne sont pas assurés.
Près d’un cours sur dix n’a pas eu lieu. Lors de la période scolaire 2024-2025, 9,8% des heures d’enseignement n’ont pas été assurées dans les collèges et lycées publics français, selon une étude de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale. C’est 0,7 point de plus que l’année précédente, et une tendance qui confirme ce que la Cour des comptes avait déjà pointé en décembre dernier. « Cela ne nous surprend pas, car c’est un chiffre assez stable malgré les effets d’annonce des dernières années »
, confie auprès de TF1info Béatrice Laurent, secrétaire nationale de l’Unsa Éducation.
La principale cause de ces heures manquées ? Pour 7,5%, il s’agit de non-remplacements des enseignants (nouvelle fenêtre) absents. « Ces absences sont parfois créées par le système lui-même, car les professeurs sont en permanence convoqués sur leur temps de travail, pour des certifications ou des corrections d’examen
, analyse la syndicaliste. Mais cela doit normalement pouvoir se prévoir !
«
Disparités entre les établissements
Selon Béatrice Laurent, ces absences sont également dues aux conditions de travail : « quand vous générez de la souffrance au travail, cela se termine souvent par des arrêts maladie. Tous nos chiffres le montrent, la plupart des professeurs estiment leur métier difficile à exercer »
, estime-t-elle.
Outre les absences non remplacées, les 2,3% restants sont liés à la fermeture totale des établissements, pour organisation des examens, intempéries, mouvements sociaux ou encore problèmes de sécurité, énumère le rapport.
Mais si la moyenne nationale avoisine les 10%, les disparités entre établissements (nouvelle fenêtre) sont frappantes. Dans le premier décile des établissements les moins touchés, seuls 3% des cours ne sont pas assurés. Dans les 10% les plus concernés, ce chiffre grimpe à 19%, soit près d’un cours sur cinq. L’étude note que les collèges en éducation prioritaire perdent 10% de leurs heures, contre 9% en moyenne pour les autres.
« Ces disparités peuvent s’expliquer par la crise de l’attractivité, car de nombreux chefs d’établissement commencent l’année avec des équipes incomplètes »
, analyse la représentante de l’Unsa Éducation. Pour la rentrée prochaine, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a d’ores et déjà annoncé la suppression de 3.256 postes (nouvelle fenêtre), dont 1.365 dans le second degré.
En cause, la baisse vertigineuse de la démographie : en 2026, la France comptera 150.000 élèves de moins par rapport à 2025, et près de 400.000 en 2029. « Grâce à la baisse démographique, on prône un maintien des moyens et du nombre de postes, pour pallier à ces absences. Sinon, vous entrez dans un cercle vicieux, avec des professeurs à bout de souffle »
, conclut Béatrice Laurent.









