- En France, 5% des 5.000 radars automatiques sont actuellement hors service.
- La Cour des comptes a estimé à 50 millions d’euros le coût de maintenance de ces appareils l’an passé.
- Les forces de l’ordre sont mobilisées pour retrouver les auteurs de ces dégradations coûteuses.
Ils sont une vision courante sur les bords de nos routes : en France, de nombreux radars automatiques sont déployés pour limiter la vitesse sur certains tronçons, et beaucoup sont ciblés par des dégradations fréquentes.
Dans les Bouches-du-Rhône, un même radar a été incendié pour la deuxième fois depuis le mois de février, à hauteur de Meyrargues, tandis que dans le département voisin du Var, les actes de vandalisme sont en hausse.
« En 2025, dans le Var, nous avons déploré 200 dégradations de radars, c’est-à-dire autant que les quatre années précédentes cumulées »
, explique Simon Babre, préfet du Var, qui a exceptionnellement accepté de communiquer sur le sujet. Une hausse représentative d’un phénomène au niveau national : sur les 5.000 radars automatiques déployés en France, 5% sont actuellement hors service.
50 millions d’euros de maintenance en 2025
Les dégradations de ces radars coûtent cher : il faut par exemple compter 500 euros pour remplacer une vitre cassée, et jusqu’à 200.000 euros pour changer entièrement un radar nouvelle génération. Selon un document de la Cour des comptes, « les coûts de maintenance des radars s’élèvent à 50 millions d’euros en 2025, et sont en forte évolution par rapport à 2024 »
. Rien que pour le département du Var, les frais liés aux dégradations se sont élevés à 800.000 euros l’an passé.
Pire encore, selon le préfet du Var, les dégradations de radars sont directement liées à la hausse de la mortalité sur les routes. Dans le département, 22 personnes ont été tuées depuis le début de l’année 2026, soit deux fois plus que l’année dernière à la même période.
Selon la Ligue contre la violence routière, les radars automatiques, déployés en France depuis 2003, ont permis de sauver plus de 50.000 vies en réduisant la vitesse sur des routes particulièrement accidentogènes. Alors dégrader un radar représente plus qu’un coût financier : « Pour nous, c’est équivalent à crever les pneus d’une ambulance »
, estime Jean-Yves Lamant, président de la ligue. « Exprimez votre colère, certes, mais pas en créant d’autres victimes. »
Les forces de l’ordre sont ainsi de plus en plus mobilisées pour traquer les responsables de ces actes de vandalisme. « J’ai demandé des enquêtes particulières aux forces de sécurité, policiers et gendarmes, pour débusquer les auteurs de ces dégradations »
, indique le préfet du Var.
Ces derniers mois, deux personnes ont d’ailleurs été arrêtées dans le département, dont un homme de 78 ans, surpris en flagrant délit de dégradation à La Roquebrussanne. Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 600 euros d’amende. Un autre auteur de vandalisme, âgé de 27 ans, a écopé d’une amende de 500 euros ainsi que de frais de réparation à hauteur de 5.000 euros.
Selon nos informations, l’État réfléchit, avec les constructeurs de ces appareils, à intégrer un dispositif de surveillance à l’intérieur des radars.









