- La préfecture du Loir-et-Cher a validé le 1er juin la création d’un centre d’études pour dauphins au ZooParc de Beauval.
- Le lieu doit accueillir les dauphins de Planète sauvage et une partie des cétacés de Marineland.
- La direction du parc espère lancer les travaux dès cet été tandis que le ministère doit encore valider le programme scientifique.
Marineland : le sort des orques et dauphins au cœur des débats
Marineland : le sort des orques et dauphins au cœur des débats
Une étape supplémentaire vient d’être franchie vers la création d’un delphinarium au ZooParc de Beauval. Dans un arrêté daté du 1er juin, la préfecture du Loir-et-Cher autorise en effet le parc à créer « un centre d’études, de recherche scientifique et de sauvegarde pour dauphins
» à Saint-Aignan.
Le futur delphinarium doit, à terme, accueillir les 11 dauphins de Planète Sauvage, un parc situé près de Nantes, mais aussi huit des 12 dauphins du Marineland d’Antibes. Il s’agit des cétacés qui devraient bientôt voyager vers l’Espagne, et un parc de Malaga, qui appartient au même actionnaire que Marineland, Parques Reunidos, ce dernier s’étant engagé à les renvoyer vers Beauval quand le delphinarium sera prêt.
Les quatre autres dauphins de Marineland doivent, eux, être envoyés à Valence, sans billet retour. « Parques Reunidos pourra proposer d’envoyer huit dauphins de Malaga à Beauval dès que le parc aura obtenu toutes les autorisations nécessaires, garantira le même niveau de bien-être
« , a ainsi assuré Marineland.
Un traitement de l’eau très encadré
Dans cet arrêté, le préfet Joseph Zimet rappelle les détails du projet à Beauval : le centre sera déployé sur 2,5 hectares et comprendra trois grands lagons naturels, six bassins d’isolement, trois sas, un bassin médical ainsi qu’un aquarium marin. Au total, 31 874 m³ d’eau salée reconstituée seront nécessaires.
C’est d’ailleurs l’un des points clés des huit pages de l’arrêté : des mesures strictes devront être mises en place pour la gestion de l’eau (circuit fermé, pas de chlore, traitement de l’eau via l’ozone et les ultras violets), le traitement des rejets d’eau salée, la maîtrise des eaux pluviales. La direction de Beauval devra aussi veiller à protéger les espèces naturelles présentes sur le site, dont l’alouette des champs.
Des travaux cet été ?
Le projet va donc pouvoir continuer. Selon la direction du parc, manquent encore les dernières validations des appels d’offre et la fin des délais de recours administratifs. Les travaux pourront ensuite commencer, « avec un démarrage durant l’été si le calendrier est respecté
« , précise la direction du parc à TF1.
Le parc devra aussi obtenir une validation du ministère de la Transition écologique : car l’arrêté de 2004, texte d’application de la loi sur la maltraitance animale qui interdit les spectacles de cétacés au 30 novembre 2026, prévoit la possibilité, pour un parc, de détenir des cétacés, à condition que son programme de recherche scientifique soit validé par l’État, et ce, tous les deux ans.
Le ZooParc de Beauval est « le seul à être en capacité »
Ce projet de delphinarium à Beauval, évalué à 25 millions d’euros à la charge du ZooParc, avait été proposé à Rodolphe Delord par l’ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, lors d’une visite au parc en juillet 2025 et alors que le sort des cétacés de Marineland (12 dauphins et deux orques) était bloqué.
Dans son arrêté, le préfet souligne que le ZooParc de Beauval est « à ce jour le seul à être en capacité
» de prendre en charge ces dauphins, « sans préjudice de la potentielle validation future de places disponibles en enclos marin
« . Car ces enclos dans le milieu naturel, à l’état de projet en Italie et en Grèce, ne sont pas prêts. Le plus avancé, à Tarente, en Italie, ne pourrait accueillir tous ces dauphins. Or, la situation est urgente, le parc Marineland est fermé depuis janvier 2025, en quête d’une solution pour les animaux depuis. Les bassins ne sont plus adaptés, avaient relevé des vétérinaires dans un rapport révélé par TF1 en février.
Le ZooParc a par ailleurs prévu d’héberger d’autres dauphins issus de parcs européens qui auraient pris la décision de s’en séparer.
L’association One Voice, qui milite pour des sanctuaires, a dénoncé un projet « de captivité maquillé en centre scientifique
« . Les militants de la cause animale dénoncent notamment le fait que la reproduction des cétacés y sera possible.
Celle-ci est toutefois encadrée dans le cadre d’un programme européen et n’est utilisée qu’en cas de besoin au sein de la population des dauphins en captivité en Europe, à des fins de diversité génétique. Pour rappel, les deux orques de Marineland doivent, elles, aller en Espagne, à Ténérife.








