- De Montmartre au cimetière du même nom, en passant par l’Olympia et les réserves du Palais Galliera, un parcours parisien retrace la vie de la chanteuse Dalida.
- Disparue en 1987, l’artiste continue d’inspirer une nouvelle génération d’admirateurs et le monde de la mode.
- Zoom sur le Paris de Dalida.
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Le 13H
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La place Dalida, créée en 1996 à Montmartre, est devenue un lieu de pèlerinage pour les admirateurs de la chanteuse. Un rituel s’est installé autour du buste de l’artiste : selon la croyance populaire, le toucher permettrait de trouver l’amour. Certains visiteurs préfèrent toutefois lui caresser les cheveux, dans l’espoir qu’ils deviennent dorés.
Bertrand Delanoë, ancien maire de Paris et grand ami de la chanteuse, évoque son installation dans le quartier : « Ce qui est sûr, c’est qu’elle est attirée par ce quartier qui est plein d’histoire, plein de poésie, aussi de rébellion, de créativité et où beaucoup d’artistes ont habité ou habitent. »
Dalida s’installe en 1962 au 11 bis, rue d’Orchans, dans une somptueuse maison blanche. Les dimanches soirs y étaient des moments chaleureux, entourée de sa bande d’amis. C’est pourtant dans cette demeure qu’elle met fin à ses jours en 1987, quittant le monde qui défile devant chez elle et la capitale qu’elle avait tant aimée. « Paris, c’est la ville dans laquelle elle s’est épanouie, c’est la ville qui l’a accueillie, c’est la ville refuge »
reconnaît Bertrand Delanoë.
Le triomphe de l’Olympia en 1961
L’Olympia, situé au 28 boulevard des Capucines dans le 9e arrondissement de Paris, a marqué la carrière de Dalida. Orlando, son frère et impresario, se souvient : « Le 19 avril 1956, elle met le pied sur cette scène-là pour la première fois de sa vie et elle ne va pas la quitter jusqu’à la fin de sa vie. »
En décembre 1961, alors que le showbiz l’a prise en grippe, Dalida vit un moment décisif. « Le soir de la première, elle reçoit même une couronne mortuaire dans sa loge »
raconte Orlando.
Vêtue de sa célèbre robe blanche et rongée par le trac, elle interprète « Je me sens vivre » en quatrième chanson. « Elle a donné toute son âme, avec toute sa force, tous ses nerfs. Quand elle a terminé la dernière note, il y a eu comme une minute de silence dans la salle »
, décrit Orlando. La salle se lève ensuite dans un triomphe total, avec Bruno Cocatrix, le grand patron de l’Olympia, souriant dans les coulisses.
Un héritage préservé dans les musées et collections privées
Loin du 9e arrondissement dans les quartiers chics du 8e, le créateur de haute couture Stéphane Rolland prépare un défilé hommage à Dalida prévu début juillet à l’Olympia. « Je suis dans cette collection énormément dans l’épure, dans l’authentique, dans la douceur et dans la force en même temps. Parce que Dalida était une femme qui était forte et fragile à la fois »
, explique-t-il. À Lyon, le collectionneur Thierry Savona possède des objets ayant appartenu à la chanteuse, dont un fauteuil de sa maison rue d’Orchans et un casque sèche-cheveux qu’elle a gardé toute sa vie.
De son côté, Max Guazzini, ex-patron de la radio NRJ et ancien attaché de presse de Dalida, possède un antiphonaire, livre de chants religieux du XVe ou XVIe siècle. « C’est du grégorien, vous savez c’était dans les églises au XVe siècle, XVIe siècle. Tout est fait à la main, vous savez les Italiens on a toujours un petit côté très catholique »
, explique-t-il.
Les réserves du Palais Galliera, le musée de la mode parisien, abritent plus de 200 tenues de Dalida offertes par Orlando en 2016. Parmi elles, une combinaison pantalon portée pour « Salama Ya Salama » et une robe bustier en velours de soie rouge qu’elle a portée à Bobino en 1958, puis à nouveau à l’Olympia dans les années 80. Certaines pièces, comme une robe bustier signée Pierre Balmain, conservent encore des traces du fond de teint de la chanteuse.
Une nouvelle génération d’admirateurs de Dalida
Au cimetière de Montmartre, Julia, jeune Italienne, vient se recueillir régulièrement sur la tombe de Dalida avec Simon. « Je me suis installée en France grâce à Dalida. J’ai appris le français grâce à Dalida, grâce à ses textes et si je suis là vraiment c’est grâce à elle »
, confie-t-elle. Pour Simon, « si elle est toujours autant à la mode, c’est parce qu’elle s’est donnée entièrement à son public et dans ses enregistrements et dans les textes »
.
Au cabaret Madame Arthur, situé entre Pigalle et Montmartre depuis 1946, l’artiste transformiste Tristan Choquet incarne régulièrement Dalida. « C’est une icône pour moi et pour beaucoup de gens dans le monde du cabaret. Déjà, elle a défendu aussi un petit peu à sa manière les droits LGBT. Et puis elle a inventé, elle, une silhouette »
, explique-t-il. Lorsque des chansons comme « Gigi » ou « Laissez-moi danser » résonnent, le public reprend en chœur et l’enthousiasme est total.









