- Une grande partie de l’Europe est touchée par une sécheresse généralisée depuis le mois de juin.
- Dans son dernier bulletin mensuel, Copernicus alerte notamment sur le faible débit des grands fleuves.
- Au niveau mondial, le mois de juillet est le deuxième plus chaud jamais enregistré, à égalité avec 2024 et derrière 2023.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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Des vagues de chaleur qui se succèdent en Europe et une sécheresse qui s’intensifie. Dans son bulletin mensuel publié lundi 10 août, le service Copernicus sur le changement climatique (C3S) signale qu’une grande partie de l’Europe occidentale, qui a connu sa période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée, a « également vu la sécheresse généralisée observée en mai et juin persister et s’intensifier »
.
L’observatoire européen évoque notamment des « précipitations et/ou une humidité du sol exceptionnellement faibles signalées en France, en Espagne, dans certaines régions d’Allemagne et au Royaume-Uni ». « Dans les régions touchées par la sécheresse, les débits fluviaux ont été bien inférieurs à la moyenne, voire exceptionnellement bas, la Seine, le Rhin et le Danube étant particulièrement affectés »
en juillet 2026, précise Copernicus.
La pression sur l’approvisionnement en eau s’accroît
Sur le Rhin, vital pour l’économie allemande, « là où circulent habituellement des navires transportant des milliers de tonnes de cargaison, des bancs de sable affleurent désormais »
, a résumé jeudi le nouveau ministre allemand des Transports, Steffen Bilger, soulignant que la situation affectait aussi les deux autres grands fleuves d’Allemagne, le Danube et l’Elbe.
Selon Copernicus, ces faibles débits ont augmenté considérablement « la pression sur l’approvisionnement en eau et l’irrigation, les écosystèmes aquatiques, le transport fluvial et la production d’énergie dans plusieurs pays »
.
Outre les cours d’eau, ce sont aussi les sols qui s’assèchent. « Les niveaux d’humidité du sol en surface en Europe occidentale en juillet 2026 étaient nettement inférieurs à ceux de juillet 2022, dernier été marqué par une grave sécheresse dans toute l’Europe occidentale »
, s’alarme l’observatoire européen.
Selon ce dernier, cette sécheresse généralisée a « coïncidé avec une vague de chaleur généralisée sur une grande partie de l’Europe occidentale »
et « favorisé une activité exceptionnelle des feux de forêt dans cette région, tant en termes de superficie brûlée que d’émissions »
.
« À mesure que les sols s’assèchent, ils perdent leur capacité à assurer un refroidissement naturel, ce qui favorise l’accumulation de la chaleur. Il s’agit là d’un exemple clair de la manière
dont le changement climatique intensifie les épisodes de chaleur
extrême, la chaleur et la sécheresse se renforçant de plus en plus mutuellement »
, déclare Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), dans le communiqué de Copernicus.
De son côté, Laurence Rouil, directrice du Service de surveillance de l’atmosphère de Copernicus (CAMS) au CEPMMT, insiste sur le fait que le mois de juillet a été « marqué par une activité exceptionnelle des feux de forêt dans toute l’Europe occidentale, tant en termes de superficie brûlée que d’émissions »
. « Le changement climatique entraîne de plus en plus souvent des conditions chaudes et sèches
qui favorisent les grands feux de forêt de forte intensité dans le sud de l’Europe
(nouvelle fenêtre), tout en prolongeant la saison des incendies vers le nord »
, ajoute-t-elle.
Le deuxième mois de juillet le plus chaud à l’échelle mondiale
Dans son bulletin, Copernicus indique également que l’Europe occidentale a connu « sa période juin-juillet la plus chaude jamais enregistrée »
, le mois de juillet ayant été « marqué par les troisième et quatrième vagues de chaleur depuis mai »
. En France, le mois de juillet 2026 restera d’ailleurs dans les annales comme le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900, comme l’a annoncé début août Météo-France.
À l’échelle mondiale, juillet 2026 a été le deuxième mois de juillet le plus chaud, à égalité avec juillet 2024 et derrière le record établi en juillet 2023, écrit Copernicus. La température moyenne de l’air s’est ainsi élevée à 16,90 °C, soit 0,67°C au-dessus de la moyenne de juillet pour la période allant de 1991 à 2020.
En Europe occidentale, « la température moyenne pour la période juin-juillet […] a été la plus élevée jamais enregistrée, à 21,62°C, soit 2,79 °C au-dessus de la moyenne, dépassant le précédent record de 2022 et reflétant la persistance exceptionnelle de la chaleur depuis le début de l’été »
, poursuit l’observatoire européen, qui souligne également que la « succession globale de vagues de chaleur depuis mai reste exceptionnelle pour la région »
.
En revanche, s’agissant de la température moyenne sur les terres européennes en juillet dernier, celle-ci s’est classée au 11ᵉ rang des plus hautes jamais enregistrées pour ce mois, avec 20,49°C enregistrés. Un classement qui s’explique par « un fort contraste ouest-est au niveau des anomalies de température »
, le mercure ayant beaucoup plus grimpé en Europe occidentale (France, Espagne, Angleterre, Irlande…) qu’à l’est.
L’océan en surchauffe
Autre constat alarmant du C3S : jamais l’océan n’a été aussi chaud lors d’un mois de juillet. L’observatoire européen signale notamment que la température de surface de la mer a atteint 20,96°C en juillet 2026, soit le niveau le plus élevé jamais observé en juillet dans les océans extrapolaires. Le précédent record de juillet, de 20,89°C, établi en 2023, a donc été dépassé.

Les températures de surface de la mer sont « restées à des niveaux exceptionnellement élevés sur une grande partie du Pacifique tropical, une zone où les conditions actuelles d’El Niño devraient encore s’intensifier au cours des prochains mois »
, prévient Copernicus. Pour rappel, El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans : les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne, pendant des mois, des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale.









