- Depuis samedi, l’Ukraine frappe pour la première fois des entrepôts de l’entreprise Ozon.
- Au total, six installations ont été touchées.
- Une manière pour Kiev de s’en prendre aux grandes infrastructures commerciales russes.
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Ukraine : la guerre entre dans sa 5ᵉ année
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Des colis, des vêtements, de l’électroménager… mais surtout un réseau logistique désormais au cœur de la guerre. Depuis le samedi 22 août, l’armée ukrainienne cible la société russe Ozon (nouvelle fenêtre). Après Wildberries, ce mastodonte national de la vente en ligne est désormais lui aussi confronté à une série de frappes de drones contre ses entrepôts. Des opérations qui permettent à Kiev de riposter aux attaques russes meurtrières contre ses infrastructures civiles. Focus sur cette entreprise, son poids dans l’économie russe et les enjeux stratégiques derrière ses vastes réseaux de distribution.
Un « Amazon russe » devenu incontournable
Dans un communiqué mis en ligne lundi (nouvelle fenêtre), Ozon a confirmé que quatre de ses plateformes logistiques ont été ciblées dans le sud de la Russie. Un incendie s’est déclaré dans un centre à Makhatchkala, la capitale de la république caucasienne du Daguestan, et des flammes ont ravagé un centre logistique à Enem, dans la région de Krasnodar. Plus tôt dans le week-end, c’est un centre logistique de la région de Samara, dans l’ouest de la Russie, qui avait interrompu son activité, et un entrepôt de la région d’Orenbourg qui avait été atteint par des débris de drones, provoquant l’évacuation de plus de 300 salariés. Les sites d’Adygeïsk et Nevinnomyssk ont également été évacués en raison de la menace de frappes de drones, mais ils n’ont pas été endommagés.
Ce qui porte à six le nombre de sites d’Ozon visés depuis samedi et démontre bien l’intérêt de Kiev pour cet « Amazon russe ». Fondée en 1998 comme librairie en ligne, Ozon s’est transformée au fil des ans en une plateforme de e-commerce généraliste et un acteur de la fintech. Si bien qu’à l’été 2025, le groupe se félicitait (nouvelle fenêtre) d’avoir dépassé le cap des 60 millions d’acheteurs actifs. L’entreprise revendique aussi (nouvelle fenêtre) l’hébergement de 750.000 entrepreneurs et un réseau de plus de 85.000 points de retrait et consignes.
De quoi en faire le deuxième acteur russe de l’e-commerce derrière Wildberries. Mais tout comme son principal concurrent, lui aussi visé par Kiev (nouvelle fenêtre), son modèle dépend d’un maillage particulièrement étendu. Les entrepôts, les centres de tri, les points de retrait, … tous ces sites sont interdépendants. Dispersées sur le territoire russe, ces cibles sont aussi plus difficiles à protéger que des sites militaires. Elles peuvent entraîner des pertes importantes dès le moindre incendie. Et la paralysie, même temporaire, de grands hubs peut désorganiser le commerce à l’échelle de plusieurs régions.
Impact militaire et économique
Une dépendance qui explique la réaction des marchés. Après l’annonce des attaques, l’action Ozon a perdu (nouvelle fenêtre)jusqu’à près de 12% à la Bourse de Moscou. Le titre de son actionnaire AFK Sistema a, lui, reculé de près de 13%. Un impact économique qui répond parfaitement au double objectif stratégique de Kiev. Dans un message publié samedi (nouvelle fenêtre), le ministère ukrainien de la Défense a revendiqué ces frappes « systématiques »
contre ces centres. Non seulement car ces actions peuvent compliquer la logistique russe et affecter son économie. Mais aussi car ce secteur participe directement à l’effort de guerre. Selon Kiev, les entrepôts stockent des marchandises susceptibles d’avoir un emploi militaire. Auprès de TF1info, une source militaire française confirmait que les acteurs comme Wildberries permettaient à Moscou de contourner les sanctions et d’approvisionner la production de drones, d’équipements de navigation et de matériel militaire.
Preuve de la valeur stratégique de cette entreprise, celle-ci est considérée par Bruxelles comme l’un des groupes ayant « le plus d’impact sur l’économie russe et sa capacité à financer sa guerre d’agression contre l’Ukraine »
. En juillet dernier, sa branche financière a été visée par un nouveau paquet de sanctions (nouvelle fenêtre)de la part de l’Union européenne.
Pourquoi l’Ukraine continue d’attaquer les géants russes du e-commerceSource : Brunet Sans filtre
Kiev tourne donc désormais son attention vers la deuxième plus grande place de marché en ligne de Russie. « Après que les unités ukrainiennes ont touché les quinze plus grands hubs logistiques de Wildberries, c’est maintenant au tour d’Ozon »
, a prévenu le ministère.
Le lendemain, le président ukrainien s’est félicité de cette nouvelle stratégie. Dans un entretien à la presse, Volodymyr Zelensky a affirmé que les pertes directes imputées aux opérations de l’armée contre Wildberries atteindraient environ 1.000 milliards de roubles, voire 3.000 milliards en intégrant les dettes, les pertes indirectes et la reconstruction. Reste à voir quel sera le bilan réel sur la guerre que mène la Russie à l’Ukraine.
