- OpenAI affirme qu’un de ses modèles a résolu l’équation de Navier-Stokes, ouverte depuis 1822 et considérée comme « l’un des grands défis des mathématiques ».
- Le calcul a mobilisé plus de 10.000 agents IA en 88 heures, pour un coût de plusieurs millions de dollars.
- Mais des mathématiciens, dont l’un du concurrent Anthropic, accusent l’entreprise d’avoir repris leurs travaux sans autorisation.
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Un problème vieux de plus de deux siècles résolu en moins de quatre jours : OpenAI a annoncé mardi qu’un de ses modèles d’intelligence artificielle était venu à bout de l’équation de Navier-Stokes, l’un des sept « problèmes du prix du millénaire »
identifiés en 2000 par le Clay Mathematics Institute, dont la résolution vaut à son auteur un million de dollars. « La nouvelle d’aujourd’hui concernant l’un des grands défis persistants des mathématiques (…) représente une avancée marquante dans la connaissance humaine »
, a même réagi la Société américaine de mathématiques sur X (nouvelle fenêtre).
Cette équation porte sur le mouvement des fluides, gaz et liquides, et sur la capacité à l’anticiper dans la durée. Elle sert à de nombreuses applications concrètes, comme les modèles météorologiques ou la conception d’une aile d’avion. Elle a été posée par les travaux du mathématicien et ingénieur français Henri Navier en 1822, avant que le physicien et mathématicien George Gabriel Stokes ne lui donne sa forme définitive en 1845. Sa résolution pourrait ouvrir la voie à plusieurs évolutions, de l’amélioration de l’efficacité énergétique des avions à la fabrication des semi-conducteurs.
Selon OpenAI, l’équation a été résolue en seulement 88 heures par un modèle « aux capacités significativement plus élevées que GPT-6 Astra »
, pourtant son dernier-né, lancé il y a moins d’une semaine. Pour y parvenir, le modèle a mobilisé plus de 10.000 agents IA travaillant de concert, produisant au passage plus de 130 milliards de « tokens »
, l’unité de base qui permet de mesurer le volume de contenu généré.
Le coût de la puissance de calcul nécessaire se chiffre à « des millions de dollars »
(nouvelle fenêtre), a précisé Mark Chen, responsable de la recherche chez OpenAI, lors d’un point de presse. « C’est une étape significative de la recherche IA
« , a-t-il estimé, y voyant « la promesse qu’il va devenir possible de répondre à d’autres questions parmi les plus complexes »
.
Accusation de plagiat
Mais si cette annonce représente une avancée inédite dans l’histoire contemporaine des sciences, elle s’est vite suivie d’une première polémique. Car quelques heures avant qu’OpenAI ne communique, le mathématicien australien Tristan Buckmaster avait publié un message s’interrogeant sur ce projet, dont il avait eu vent, et pointant des similarités troublantes avec ses propres travaux.
Avec un autre mathématicien, Levent Alpöge, employé d’Anthropic, il avait en effet retenu des hypothèses différentes de celles choisies par le reste de la communauté scientifique pour aborder le problème de Navier-Stokes. Or, selon lui, c’est précisément cette piste que le modèle d’OpenAI aurait reprise pour parvenir à sa solution.
Tristan Buckmaster, qui avait utilisé Codex, l’IA d’OpenAI dédiée à la programmation, pour mener son propre projet, a demandé à l’entreprise si ses données avaient été utilisées en interne pour entraîner son modèle. Interrogé lors du point de presse, le chercheur d’OpenAI Sébastien Bubeck a démenti : « Pour être clair, nous n’avons pas utilisé leurs prompts ou leurs résultats pour diriger nos modèles. »
« Nous pensions que l’autre équipe avait également résolu le problème
, a abondé le patron d’OpenAI, Sam Altman, sur X. Nous n’avons pas précipité la publication. Mais ils nous ont menacés avec des accusations infondées de plagiat ».