- La traditionnelle foire aux vins de l’automne bat son plein.
- Grandes surfaces, cavistes et sites spécialisés multiplient les offres pour attirer les amateurs, qui doivent avoir en tête le fait que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et doit être consommé avec modération.
- Cette année, la foire se pare de blanc, confirme Jérôme Baudouin, rédacteur en chef de « La Revue du vin de France ».
Suivez la couverture complète
vie pratique
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Renouveler sa cave, découvrir une appellation, acheter quelques bouteilles pour les repas de fin d’année… La foire aux vins permet aux œnophiles avertis, aux amateurs ou aux profanes de se familiariser avec le vin. En rayon, rouges, blancs et effervescents se déclinent en de multiples régions viticoles et à tous les prix. Difficile de s’y retrouver avec une offre aussi abondante. Le dérèglement climatique, les secousses géopolitiques et une déconsommation progressive placent le secteur en crise. La foire permet d’exposer des vignerons en difficulté et de vider les stocks.
Pour cet automne 2026, de plus en plus de références de qualité s’affichent à moins de 10 euros pour s’adapter au budget des consommateurs. Jérôme Baudouin, rédacteur en chef de La Revue du vin de France,
confie à TF1info qu’il y a de bonnes opportunités : « Il y a une quinzaine d’années, les grands crus classés de Bordeaux tenaient la part du lion. Aujourd’hui, la foire comprend des domaines et des vignerons que l’on ne voit pas le restant de l’année sur un segment compris entre 6 et 20 euros. Avec des offres, créées spécialement pour la foire, permettant ainsi au vigneron de faire du déstockage et de récupérer de la trésorerie ».
Les enseignes impliquées dans une foire aux vins doivent arbitrer entre les désirs du public et des bouteilles invendues les années précédentes. La plupart des participants à la foire offrent des bouteilles en fonction de la quantité achetée : « Vous pouvez obtenir une bouteille à partir de trois achetées »
, certifie le spécialiste.
Côté couleur, le blanc monte en puissance. Plus facile à boire et à conserver, élégant en bouche avec de la viande blanche, du poisson ou des plats végétariens épicés, il convainc de plus en plus de Français : « Sur les étals, on compte désormais plus d’un tiers des bouteilles de cette couleur. Le rouge perd du terrain et le rosé, encore très saisonnier, reste marginal »
, analyse Jérôme Baudouin. De leur côté, les vins biologiques ou biodynamiques et les cépages originaux, à l’instar du Muscaris, gagnent du terrain. Le spécialiste note un déclin des vins de garde : « Les enseignes dévoilent des vins prêts à boire, parfois décalés de cinq ou six ans, avec une certaine maturité. Plutôt que de proposer un Saint-Émilion millésimé 2023, elles préfèrent des bouteilles de 2019 ou 2020 qui n’ont pas besoin de vieillir en cave. C’est la même chose pour les Rhône. »
«
Changement des modes de consommation
Enseignes et caves répondent à une lente évolution de la manière de boire le vin. Près de la moitié des Français vivent en appartement et beaucoup ne peuvent plus stocker des cartons de bouteilles. Les consommateurs, par exempe, préfèrent acheter des vins prêts à boire : « Pour pallier cette contrainte sans perdre des amateurs, certaines enseignes vendent des vins déjà vieux.On peut ainsi trouver des Bordeaux millésime 2005, 2009, 2012 à maturité et abordables »
, se réjouit Jérôme Baudouin.
De rares enseignes se lancent sur le marché des demi-bouteilles. Ils disent répondre à la désaffection du précieux nectar et à l’impossibilité de les stocker. Jérôme Baudouin, surpris, ne croit pas à cette nouvelle campagne commerciale : « Les demi-bouteilles existent depuis longtemps. On les retrouve notamment dans les restaurants. Mais à part pour des vins spécifiques comme les Sauternes, les ventes ne décollent pas. Le rapport qualité-prix reste nettement moins intéressant. Vous avez deux fois moins de vin avec un contenant qui coûte presque autant à produire. Pour une bouteille de dix euros, la demie vous en coûtera sept. »
Le spécialiste rappelle que le vin se conserve très bien : « Vous pouvez conserver votre bouteille pendant deux ou trois jours au réfrigérateur. Les vins liquoreux se gardent même plusieurs semaines. »
Autre spécificité, les fenêtres de promotions se multiplient : au printemps, des foires célèbrent des produits plus légers. En décembre, des enseignes mettent à l’honneur des produits de fête à base de bulles. En été, d’autres écoulent des rosés à prix doux, sans oublier les fêtes des pères ou des mères. De quoi faire dire à Jérôme Baudouin que vous pouvez trouver des remises toute l’année. Mais d’après lui, la foire aux vins ne perd pas son authenticité : « Les enseignes font leur propre sélection et achètent des milliers de bouteilles pour l’occasion. En moyenne, pendant l’année, les vins s’affichent à 2,50 euros alors que pendant la foire aux vins, ils grimpent à 7 euros. La foire nous fait complètement changer de gamme. »
Rappelons que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et doit être consommé avec modération.