- Aux États-Unis, Ashburn est devenue une sorte de capitale mondiale des centres de stockage de données.
- Et plus Internet prend de place dans nos vies, plus les data centers prennent de place dans cette petite ville.
- Des habitants cherchent à réguler cette invasion car aucun endroit n’est à l’abri de ces voisins très encombrants.
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LA FIN D’UN MONDE – Notre planète face au péril environnemental
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Bienvenue à Ashburn, la très discrète capitale mondiale de l’Internet. Si le nom de cette petite ville américaine ne vous dit en effet rien, elle, elle vous connaît très bien. Et pour cause : beaucoup de vos e-mails, de vos achats en ligne et de vos photos de vacances y finissent stockés dans un des nombreux centres de données géants qu’elle abrite. Amazon, Facebook, Google… jusqu’à deux tiers du trafic Internet mondial passent par ces data centers. Mais l’on n’aperçoit ni fenêtre, ni logo sur les façades, par souci de discrétion.
Pourtant, pour ceux qui habitent Ashburn comme Juan, il est impossible d’ignorer ces mastodontes. « Quand il y en a un près de chez vous, vous entendez ce bruit nuit et jour, ça met les gens en colère »,
lance ce dernier dans le reportage en tête de cet article. « Avant, ici, il y avait un bois avec de grands arbres avec des cerfs et toutes sortes d’animaux »,
regrette-t-il.
Impact environnemental vertigineux
Au début des années 2000, vue du ciel, Ashburn ressemblait encore à une petite ville au milieu des champs, avec des terrains bon marché à vendre et d’excellentes infrastructures réseaux et électriques. Grâce à la proximité de Washington, en quelques années elle est devenue l’épicentre des télécommunications américaines puis mondiales. Mais plus Internet prend de place dans nos vies, plus les data centers prennent de place à Ashburn. Le boom de l’intelligence artificielle entraîne ici une frénésie de constructions de nouveaux centres toujours plus puissants.
Roger fait partie d’une association qui veut réguler cette invasion car aucun endroit n’est à l’abri de ces voisins très encombrants. « C’est vraiment dommage pour ceux qui habitent là : ils ont de belles résidences mais ils ont un data center dans leur jardin »,
déplore ce dernier au milieu d’une zone pavillonnaire avec un vis-à-vis direct. La pollution est visuelle mais pas seulement. Chacun de ces centres est en effet équipé de multiples opérateurs diesel chargés de prendre le relais en cas de coupure de courant. « Ce sont des émissions de suie avec du protoxyde d’azote juste à côté d’un endroit où les enfants viennent jouer »,
explique-t-il.
L’impact environnemental donne le vertige. Pour refroidir ses puces électroniques, un seul de ces centres peut consommer autant d’eau qu’une ville de 50.000 habitants. Au niveau du pays, les besoins en énergie des seuls data centers pourraient dépasser ceux de toute la France d’ici deux ans seulement.
Or, les collectivités locales rechignent encore à s’opposer aux géants d’Internet. Pour cause : les milliards de dollars qu’ils payent en impôts locaux ont aussi fait des environs d’Ashburn le comté le plus riche du pays.
La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Matthieu DERRIEN et Julie ASHER