- Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit s’exprimer ce mercredi soir depuis Matignon.
- En pleine mobilisation des lycéens et à l’entame des débats autour du budget 2027, que peut annoncer le chef du gouvernement ?
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Budget : dernier examen périlleux
avant la présidentielle de 2027
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Une nouvelle prise de parole. Comme il en a pris l’habitude depuis son arrivée à Matignon il y a un peu plus d’un an, le Premier ministre Sébastien Lecornu va directement s’exprimer devant les Français ce mercredi 7 octobre au soir. De nombreux sujets seront au menu : la mobilisation des lycéens, qui ne faiblit pas ; les prix des carburants, qui plombent toujours le pouvoir d’achat ; la crise agricole, après un été catastrophique pour le secteur ; ou encore la situation financière de la France, au premier jour des débats parlementaires sur le projet de loi de finances pour 2027.
C’est la première fois que le Premier ministre s’exprimera devant les Français depuis la pause estivale, après avoir répondu mardi aux députés. Il faut dire que le contexte est bouillant. Depuis fin septembre, le mouvement des lycéens, que l’exécutif n’avait pas vu venir, prend de l’ampleur. Mardi, 891 lycées avaient fermé leurs portes (au moins partiellement) sur les 3.700 que compte le pays. Et un « acte IV » est d’ores et déjà prévu pour ce jeudi.
Des colères dans un contexte budgétaire tendu
La dégradation des comptes publics de la France – autre sujet attendu – limite les marges de manœuvre pour le gouvernement, qui a lancé une consultation en ligne jusqu’au 23 octobre. Près de 35.000 personnes y ont déjà répondu, avant une « restitution nationale »
attendue à la fin du mois. Suffira-t-elle à calmer la colère ? « La parole lycéenne est précieuse et doit être entendue »
, et elle nourrira « un plan d’action concret »
, a réaffirmé le chef du gouvernement ce mercredi dans la matinée, sur ses réseaux sociaux.
Les lycéens ne sont pas les seuls dont la grogne atteint Matignon. Après les canicules à répétition et une sécheresse historique, les syndicats agricoles sont unanimement remontés contre le projet de budget qui ne contient pas, à leurs yeux, le plan de relance promis. Remontés, les Français le sont aussi face aux prix de l’énergie et à ceux des carburants, toujours supérieurs à deux euros le litre malgré une (légère) baisse des cours du pétrole et la libération de stocks stratégiques. Des sujets qu’évoquera Sébastien Lecornu, dont la réponse gouvernementale demeure limitée par des marges de manœuvre budgétaires faibles.
Les comptes publics, justement, seront également au menu. Dans son projet de loi de finances pour 2027, l’exécutif tente de réaliser 43 milliards d’euros de nouvelles économies pour revenir à un déficit public de 5% l’an prochain. Les oppositions, majoritaires à l’Assemblée nationale, sont déjà vent debout. Le gouvernement promet un budget réversible par le futur président de la République et d’écouter les propositions du Parlement, mais avec une condition : ne pas aggraver le déficit public prévisionnel.
Le Premier ministre devrait sans doute mettre en avant la nécessité pour la France d’être dotée d’un budget au 1ᵉʳ janvier prochain. Car les taux d’emprunt à dix ans flambent et frôlent la barre symbolique des 5%, une première depuis le début du siècle. Le tout, dans un contexte international toujours aussi tendu, et à six mois de l’élection présidentielle. Un sacré numéro d’équilibriste.